ING: ‘Nous devons nous dépêcher, les géants chinois de la tech sont à notre porte’

Erik Van Den Eynden, PDG d'ING Belgique
ING

La banque ING accélère son projet de construction d’une application européenne tout-en-un incluant des services de shopping et d’immobilier. ‘Sinon, des acteurs chinois comme Alipay s’empareront du marché’, prévient Erik Van Den Eynden, PDG d’ING Belgique.

Une application smartphone unifiée pour les 20 millions de clients ING en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. C’est l’un des objectifs qui figurent sur la feuille de route du groupe bancaire pour surmonter la fragmentation par pays et devenir une plateforme mondiale uniforme, comme Spotify ou Netflix.

‘Une banque n’est plus régionale et n’a plus de frontières nationales’, a déclaré Erik Van Den Eynden, le dirigeant d’ING Belgique, lors d’une conférence au Kempen Financial Forum à Turnhout, mercredi soir. ‘Nous devons nous dépêcher, car les Chinois sont à notre porte.’

Alipay

ING tient fortement compte du fait que les super-app chinoises Alipay et WeChat vont prochainement lancer une offensive européenne. Elles sont devenues indispensables dans la vie quotidienne d’au moins un milliard de Chinois. Alipay ne se limite plus depuis longtemps aux seuls services de paiement. Les consommateurs peuvent également l’utiliser pour réserver un hôtel, faire des investissements ou effectuer des achats en ligne.

‘Si nous voulons concurrencer les grandes plateformes internationales, nous devons nous débarrasser de notre fragmentation par pays et devenir un système ouvert où les entreprises partenaires peuvent offrir leurs services’, explique encore Van Den Eynden. ‘Peut-être que nous devrions même autoriser les offres des banques concurrentes sur notre application. Du moment que le client passe par nous et que nous pouvons connaître quels sont ses besoins.’

Le shopping et le logement

Les domaines prioritaires pour ING sont l’e-commerce et les services immobiliers. En Belgique, les clients ING peuvent déjà bénéficier de remises sur leurs achats via l’application. Soit dit en passant, cet exemple a déjà été suivi par KBC. Et ce n’est pas un hasard si ING a acheté la plateforme immobilière numérique néerlandaise Makelaarsland l’année dernière.

‘Pendant des années, les banques se sont limitées à la partie ennuyeuse d’un achat immobilier, le prêt immobilier. Nous voulons également jouer un rôle dans les choses intéressantes, comme la recherche d’une nouvelle maison’, a également fait savoir Van Den Eynden à Turnhout. ‘Nous avons l’intention de créer une plateforme de shopping et de recherche de logement au niveau européen. Du moins si nous arrivons à temps, c’est-à-dire si nous nous emparons du marché avant les autres.’

Avec notre application, nous avons l’intention de créer une plateforme de shopping et de recherche de logement au niveau européen.

Erik Van Den Eynden, PDG d’ING Belgique

Selon ING, la taille sera cruciale dans la bataille titanesque qui s’annonce avec les géants de la technologie pour nos transactions sur smartphone. Van Den Eynden: ‘Aujourd’hui, un Alibaba ne nous appelle même pas, car nous ne pouvons pas leur offrir une échelle suffisante. Mais ensemble, la Belgique et les Pays-Bas représentent 11 millions de clients et 6 millions de visiteurs par jour via l’application. Ajoutez à cela l’Allemagne, et vous avez 12 millions de visiteurs. Avec des chiffres comme ceux-là, nous pouvons parler à des entreprises comme Alibaba ou Adidas.’

Rafting

Il y a trois ans, ING Belgique a opté pour une thérapie de choc en supprimant environ un emploi sur trois et en réévaluant des milliers d’employés via des entretiens internes. Van Den Eynden ne peut pas promettre au reste du personnel que les choses vont se calmer. ‘Avant, nous pouvions réaliser nos activités bancaires dans des eaux calmes, prévisibles. Maintenant, cela ressemble plus à du rafting. Et pour être honnête, je ne suis pas sûr que tout le monde aime le rafting.’ L’analogie du rafting n’est pas toujours appréciée dans les milieux syndicaux.

‘Certains membres du personnel sont en sous-effectifs’, a-t-il déclaré plus tôt cette semaine. ‘La transformation constante devient un défi pour toute l’entreprise. Mais un peu de flexibilité sera nécessaire’, explique Van Den Eynden.

Travail du dimanche

À long terme, cela peut également impliquer de travailler le dimanche pour les employés d’ING, suggère Van Den Eynden, non pour la première fois. ‘Nous devons réfléchir à la possibilité de travailler le dimanche. Nous enregistrons 600.000 connexions ce matin-là. Ce sont des clients qui, par exemple, ont envie de faire des opérations bancaires après leur fitness. Mais aujourd’hui, ils ne peuvent pas accéder à nos services de conseil téléphonique.’

Nous devons réfléchir à la possibilité de travailler le dimanche. Nous enregistrons 600 000 connexions ce matin-là.

Erik Van DEN Eynden, PDG d’ING Belgique

Van Den Eynden espère que les syndicats se joindront à la cause de la flexibilité. ‘Les syndicats méritent d’être félicités, car ils ont pris conscience de la valeur stratégique de notre transformation. Ils comprennent ce qui se passe.’