Hongrie bloque les sanctions de l’Europe contre la Russie


Principaux renseignements

  • La Hongrie a bloqué le 20e train de sanctions de l’Union européenne contre la Russie en raison de son opposition au renforcement des mesures existantes.
  • Ce revers entrave la volonté de l’UE de manifester son soutien indéfectible à l’Ukraine à l’occasion du cinquième anniversaire de la guerre.
  • La Hongrie exige que l’Ukraine autorise la reprise de l’approvisionnement en pétrole russe via l’oléoduc Druzhba avant d’accorder une aide supplémentaire.

L’Union européenne s’est heurtée à un obstacle de taille dans ses efforts pour mettre en œuvre une nouvelle série de sanctions contre la Russie. Le bloc n’est pas parvenu à trouver un consensus sur le 20e paquet de sanctions. Selon l’agence de presse allemande Deutsche Presse-Agentur, cela s’explique en grande partie par l’opposition de la Hongrie. Ce revers survient alors que la guerre en Ukraine entre dans sa cinquième année.

L’opposition de la Hongrie

L’objection de la Hongrie porte principalement sur le renforcement des sanctions existantes contre la Russie. Lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles, Budapest a réitéré son refus de soutenir un prêt de plusieurs milliards d’euros destiné à l’Ukraine. À la place, seul un paquet d’urgence plus modeste de 100 millions d’euros pour les infrastructures énergétiques de l’Ukraine devrait être approuvé, car il ne nécessite pas le consentement de la Hongrie.

Les responsables de l’UE ont exprimé leur déception face à cette situation. Le chef de la diplomatie européenne a souligné que ce résultat était indésirable, en particulier à l’occasion de l’anniversaire de l’invasion russe. Le bloc avait pour objectif de démontrer son soutien indéfectible à l’Ukraine et de souligner son engagement à s’opposer à l’agression russe.

Les exigences de la Hongrie

La position de la Hongrie est liée à l’oléoduc Druzhba, par lequel la Russie approvisionne l’Europe en pétrole. Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a insisté sur le fait que la Hongrie ne soutiendrait les mesures d’aide à l’Ukraine que si Kiev autorisait la reprise de l’approvisionnement en pétrole russe par cet oléoduc. Il accuse l’Ukraine d’entraver délibérément le fonctionnement de l’oléoduc pour des raisons politiques. L’Ukraine soutient toutefois que ce sont les bombardements russes qui ont causé la perturbation fin janvier.

La Slovaquie, qui dépend également fortement du pétrole brut russe, soutient la position de la Hongrie, invoquant des préoccupations en matière de sécurité énergétique. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a exprimé son étonnement et sa désapprobation face à la position de la Hongrie, établissant un parallèle avec l’histoire de la Hongrie sous la domination soviétique.

Obstacles et préoccupations

Alors que l’on s’attendait à ce que les ministres de l’UE approuvent officiellement le prêt et le paquet de sanctions, les objections de la Hongrie ont créé un obstacle. Une délégation de hauts responsables de l’UE devait se rendre en Ukraine mardi pour commémorer l’anniversaire de l’invasion. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a l’intention d’aborder la question directement avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Des inquiétudes persistent quant au fait que le Premier ministre hongrois Viktor Orban utilise le conflit à des fins politiques avant les élections législatives hongroises d’avril. La semaine dernière, Orban a fait des déclarations non fondées sur le souhait de l’Ukraine de le voir perdre les élections. L’UE garde l’espoir qu’une solution puisse être trouvée, mais la position de la Hongrie a sans aucun doute ajouté une nouvelle couche de complexité aux efforts du bloc pour soutenir l’Ukraine.

(jw)(fc)

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