Principaux renseignements
- Les attaques russes contre les infrastructures ukrainiennes ont causé des dégâts considérables et fait des victimes parmi la population civile.
- La Russie subit une forte pression financière et peine à remplacer les troupes perdues.
- Les Ukrainiens se sont adaptés aux attaques incessantes en utilisant des générateurs et des centres communautaires pour se chauffer et s’alimenter en électricité.
La Russie a déjà dépensé des centaines de millions d’euros dans sa campagne de frappes par drones contre les infrastructures ukrainiennes. Des milliers de drones et de missiles ont déjà été lancés sur des cibles civiles telles que des habitations, des écoles, des hôpitaux et des installations énergétiques. Cette campagne a causé des dégâts considérables et fait de nombreuses victimes civiles. Mais qu’a-t-elle réellement apporté ?
Changement de stratégie
La première invasion à grande échelle de l’Ukraine visait à s’emparer de Kiev et d’autres villes. Lorsque celle-ci a échoué, la Russie a changé de stratégie et a tenté de paralyser l’Ukraine en menant des attaques à grande échelle contre les réseaux d’électricité et de chauffage pendant les mois d’hiver. Cette stratégie visait à frapper la population ukrainienne et à affaiblir l’économie en perturbant les transports, la navigation et les infrastructures industrielles. En 2025 et 2026, la Russie a considérablement intensifié le nombre d’attaques, avec 19 000 attaques de drones rien que cet hiver.
Malgré l’ampleur de ces attaques, la campagne russe n’a, dans l’ensemble, pas réussi à atteindre ses objectifs. Sur le champ de bataille, les troupes russes continuent de faire face à des contre-attaques ukrainiennes. Elles ont déjà subi près de 1,3 million de pertes au total, à un rythme qui dépasse la capacité de la Russie à reconstituer ses effectifs.
Capacité de production de la Russie
La Russie produit un grand nombre de missiles, et selon le groupe de réflexion CSIS (Center for Strategic and International Studies), la production a triplé. Environ 150 missiles sont produits chaque mois. Les estimations indiquent une capacité de production annuelle de 840 à 1 020 missiles pour les systèmes Iskander et Kinzhal.
Les drones Shahed constituent l’une des armes les plus importantes de l’arsenal russe. Lorsque la Russie a commencé à utiliser ces Shahed, ils étaient encore exclusivement produits en Iran et exportés vers la Russie. L’Iran a ensuite partagé les plans de construction et fourni des conseils lorsque la Russie a lancé sa propre production de drones. Entre-temps, la production s’est localisée et la Russie fabrique, selon les estimations, environ 2 700 Shahed par mois. Ces drones relativement bon marché coûtent chacun environ 35 000 dollars (30 187 euros). Ils sont lancés par vagues massives afin de submerger la défense aérienne ukrainienne et d’épuiser ses coûteux missiles de défense aérienne.
Attaques persistantes
La fréquence des attaques de missiles contre l’Ukraine varie considérablement. Mais chaque nuit, des attaques de drones ont lieu dans tout le pays. En décembre, environ 166 ont été lancés chaque jour. Cet hiver, la Russie a tiré environ 738 missiles balistiques sur l’Ukraine, dont 91 en janvier et un nombre record de 288 en février. Les attaques à grande échelle combinant missiles et drones ne sont pas régulières. Contrairement aux attaques de drones qui ont lieu chaque nuit en Ukraine. Des attaques combinées à plus grande échelle, visant des villes comme Kiev, Odessa, Kharkiv et Dnipro, ont lieu de manière intermittente, mais ciblent des infrastructures clés.
De nombreux foyers et entreprises ukrainiens se sont adaptés aux attaques contre les infrastructures énergétiques en achetant des générateurs et des stations de recharge pour le chauffage et l’électricité.
Pression financière sur la Russie
Il ne faut pas négliger le coût financier que ces attaques représentent pour la Russie. Rien qu’en février, 288 missiles et 5 059 drones ont été tirés sur l’Ukraine. Selon les estimations du CSIS, cela aurait coûté à la Russie environ 465 millions de dollars (401 millions d’euros). Ces dépenses pèsent sur l’économie russe, déjà en difficulté. Celle-ci est confrontée à un PIB en baisse, à des dettes régionales, à une pénurie de main-d’œuvre et à des ressources limitées. (ev)(fc)
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