Principaux renseignements
- Les politiques migratoires restrictives nuisent à la prospérité économique à long terme de la Belgique en entravant la croissance de la main-d’œuvre et en alourdissant le fardeau des retraites.
- Contrairement à la croyance populaire, l’immigration stimule le PIB belge et les migrants contribuent davantage en impôts qu’ils ne reçoivent en prestations.
- La Belgique peut optimiser le potentiel économique de l’immigration en intégrant efficacement les migrants dans la main-d’œuvre et la société à différents niveaux de compétences.
Un nouveau rapport du groupe de réflexion progressiste Minerva soutient que les politiques strictes du gouvernement fédéral en matière d’asile et de migration nuisent à l’économie belge. Bien que visant à réaliser des économies, le groupe de réflexion affirme que les mesures restrictives finiront par nuire à la prospérité à long terme.
Défis démographiques
Minerva souligne les défis démographiques imminents auxquels la Belgique est confrontée. D’ici la fin des années 2030, le solde naturel de la population devrait devenir négatif, rendant l’immigration cruciale pour maintenir une main-d’œuvre stable. La réduction de la migration entraînerait une augmentation des charges liées aux retraites, des coûts de santé inabordables et un ralentissement de l’économie.
Avantages économiques de la migration
Contrairement aux idées reçues, Minerva affirme que la migration a des effets économiques positifs. La Banque nationale de Belgique a constaté qu’entre 2012 et 2016, l’immigration a fait progresser le PIB belge de 3,5 pour cent. En outre, les migrants contribuent en moyenne davantage aux impôts qu’ils ne reçoivent en prestations et en services sociaux. Cet avantage financier est amplifié pour les migrants de deuxième génération, qui sont souvent plus jeunes et ont des taux d’emploi plus élevés.
Le rapport analyse des cas au Danemark, en Italie et au Royaume-Uni qui, malgré une rhétorique anti-migration forte, mettent souvent en œuvre des politiques qui encouragent tacitement la migration économique. Minerva souligne que la rhétorique anti-immigration stricte se traduit rarement par une baisse des chiffres de la migration.
Réussite de l’Espagne
L’Espagne constitue une exception notable. En tirant stratégiquement parti de l’immigration, l’Espagne a atteint une croissance économique supérieure à la moyenne de la zone euro tout en réduisant sa dette nationale.
Optimiser le potentiel migratoire
Minerva conclut en préconisant de réorienter le débat, qui ne doit plus se limiter à la simple restriction de la migration, vers l’optimisation de ses avantages potentiels. L’accent doit être mis sur l’intégration rapide et efficace des migrants et des demandeurs d’asile dans la population active et la société.
L’économiste politique, Hielke Van Doorslaer, souligne que la Belgique a besoin de migrants aux niveaux de compétences variés, et pas seulement de personnes hautement qualifiées. Les migrants contribuent également en tant que consommateurs, stimulant la demande d’emplois et d’investissements. Cette complexité sape les discours simplistes qui les présentent comme une charge pour les ressources de la sécurité sociale.
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