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Grève à Hollywood : les scénaristes et studios trouvent un accord. Tout est bien qui finit bien ?

Grève à Hollywood : les scénaristes et studios trouvent un accord. Tout est bien qui finit bien ?
Getty Images

Cent quarante-six. C’est le nombre de jours durant lequel les scénaristes hollywoodiens ont tenu tête aux majors pour défendre leurs droits. Une grève historique qui a retardé la production de bon nombre de films et séries et déjà couté des milliards de dollars à l’économie californienne.

L’actualité : un accord de principe a été trouvé entre les scénaristes hollywoodiens et les studios et plateformes de streaming.

  • La Writers Guild of America (WGA), le syndicat des scénaristes américains, doit encore ratifier l’accord, ainsi que ses membres, pour entrer en vigueur.
  • C’est un soulagement pour les trois parties puisque la grève a duré près de 5 mois. L’une des plus longues de l’histoire d’Hollywood.

Zoom arrière : la grève a démarré en mai dernier. S’il existait déjà des tensions au sein des scénaristes, la peur de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le processus créatif est sans doute ce qui a mis le feu aux poudres.

« Cela a été rendu possible grâce à la solidarité durable des membres de la WGA et au soutien extraordinaire de nos frères et sœurs syndiqués qui nous ont rejoints sur les lignes de grève pendant plus de 146 jours »

a déclaré dimanche le comité de négociation dans un communiqué

Que contient l’accord ? Les scénaristes ont obtenu en grande partie ce qu’ils réclamaient : une augmentation des royalties versées pour le contenu en streaming et de salaire, des primes en cas de succès des émissions, un nombre minimum d’employés par contenu et des garanties concernant l’usage de l’intelligence artificielle.

  • Les compensations que les écrivains reçoivent pour leurs récits destinés aux plateformes de streaming ne sont qu’une fraction de ce qu’ils pourraient recevoir s’ils étaient exploités à la télévision traditionnelle, estimaient-ils.
  • Quant à l’IA, les scénaristes craignent que la technologie les remplace majoritairement dans le travail d’écriture et qu’ils n’aient finalement plus qu’un rôle de relecteur et donc, qu’ils soient moins payés.
    • Une crainte qui ne concerne pas que les scénaristes hollywoodiens. Dans le monde des jeux vidéo aussi, on s’inquiète de l’utilisation de l’IA dans le processus créatif.

À noter : les détails doivent encore être peaufinés. Ce n’est qu’une fois que la WGA aura reçu la version finale de l’accord que ses quelque 11.000 membres pourront reprendre le chemin du travail.

Tout n’est joué pour autant

Si la WGA va logiquement ratifier l’accord, tout ne reviendra pas pour autant à la normale à Hollywood : le syndicat des acteurs SAG-AFTRA, lui, est toujours en grève. Sans acteurs, les histoires auront du mal à être incarnées.

  • Le syndicat, qui représente pas moins de 160.000 acteurs et actrices de cinéma et de télévision, cascadeurs, comédiens de doublage et autres professionnels des médias, a rejoint la grève des scénaristes en juillet.
  • Parmi ses revendications, on trouve bien évidemment la question du salaire minimum pour les artistes interprètes, mais aussi des protections contre l’utilisation de l’intelligence artificielle puisque certains s’inquiètent de se voir remplacés par des avatars ou des copies créées par l’IA.

Pertes colossales

Cette grève a engendré une perte de 5 milliards de dollars à l’économie californienne, ainsi que dans les autres pôles de production américains (Nouveau-Mexique, Géorgie et New York), selon une estimation de l’économiste du Milken Institute Kevin Klowden. Et le fait que l’accord ne concerne qu’un seul syndicat impliqué laisse penser que les pertes pourraient se poursuivre.

Le retard accumulé dans la production de films et séries n’est pas près de se résorber.

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