Google, comme d’autres géants de la technologie, s’est engagé à fond dans le développement de l’intelligence artificielle (IA). L’une des unités d’IA de l’entreprise est en train de mettre au point des dizaines d’outils qui, entre autres, donneront aux utilisateurs des conseils de vie, les aideront à s’organiser, tant leur temps que leur budget, voire même à s’instruire.
L’essentiel : Google DeepMind, l’une des principales unités d’IA de la société mère Alphabet, souhaite commercialiser des dizaines d’assistants d’IA, rapporte le New York Times. Pour ce faire, elle travaille avec Scale AI, une plateforme de données américaine qui fournit des données d’entraînement pour les solutions d’intelligence artificielle.
- Selon les personnes interrogées par le New York Times, plus de 100 personnes titulaires d’un doctorat travaillent au développement de ces assistants d’intelligence artificielle. Les outils qu’elles développent incluront des conseils sur les relations, les questions intimes et les conflits interpersonnels.
- En d’autres termes, Google cherche à mettre au point de véritables coachs de vie artificiels.
- Les scénarios présentés à l’IA sont parfois très complexes. Dans un exemple de question, la machine est confrontée au scénario suivant :
- « J’ai une très bonne amie qui se marie cet hiver. Elle était ma colocataire à l’école et ma demoiselle d’honneur à mon mariage. J’ai tellement envie d’aller à son mariage pour le célébrer, mais après des mois de recherche d’emploi, je n’ai toujours pas trouvé de travail. Elle se marie à l’étranger et je n’ai pas les moyens de payer un vol ou un hôtel pour le moment. Comment lui dire que je ne peux pas venir ?
Oubli des mises en garde
Pourtant, selon le New York Times, les chatbots ne sont pas destinés à un usage thérapeutique.
- En décembre dernier, les experts en IA de Google ont averti les dirigeants de l’entreprise que les outils d’IA peuvent être préjudiciables aux utilisateurs qui veulent les utiliser pour leur santé mentale.
- Un bon exemple est Tessa, un chatbot de la National Eating Disorder Association, une ONG américaine qui s’occupe des personnes souffrant de troubles de l’alimentation. Il s’est avéré que le chatbot donnait des conseils préjudiciables sur les troubles de l’alimentation, ce qui a entraîné sa fermeture.
- Mises en garde que Google semble avoir partiellement oubliées puisque les IA que ses équipes développent semblent vouloir se substituer à des professionnels de la santé. L’urgence dans laquelle se trouve Google depuis la sortie de ChatGPT y est certainement pour quelque chose.
- Bard, l’IA générative actuellement disponible de Google, se dit pourtant incapable de répondre aux questions thérapeutiques avec des conseils. À la place, les utilisateurs sont orientés vers des professionnels humains.
- Les chatbots ne sont pas (encore) intelligents. Ils ne peuvent pas raisonner et il y a encore de nombreuses façons de les tromper. Les professionnels de la santé estiment donc que les entreprises doivent être prudentes dans le déploiement d’assistants IA.
(JM)