Au fur et à mesure que les années passent, de nouvelles générations arrivent sur le marché du travail. C’est au tour de la génération Z, née après 1996. Et elle fait preuve d’attentes très différentes que les générations Y (entre 1981 et 1995) et X (entre 1965 et 1980) qui précèdent.
Une enquête en ligne réalisée par le bureau d’études iVOX pour le compte de Bright Plus a sondé les jeunes de la génération Z (les « zoomers ») qui arrivent progressivement sur le marché du travail. Les résultats sont assez déroutants : ils font à la fois preuve d’une terrible anomie et d’un solide enthousiasme.
20% à ne pas trouver de sens au travail
- Les jeunes de 18 à 28 ans sur le marché du travail, soit la première vague de zoomers à travailler, a du mal à trouver sa place. Ils sont quand même 20,5% à ne pas trouver de sens à son emploi, un chiffre énorme.
- C’est beaucoup plus que la génération Y (16,3 %) et la génération X (9,5 %). Chez les baby-boomers, ce chiffre ne représente que 2,6 %.
- Les zoomers sont aussi 40,5 % à travailler pour éviter les critiques d’autrui. Ce chiffre est presque deux fois plus élevé que celui de la génération X (22 %) et des baby-boomers (21,8 %). Ils ont également 41,2 % à culpabiliser lorsqu’ils prennent congé.
Explication : Des différences qui peuvent s’expliquer par le fait qu’ils sont au début de leur parcours. On commence rarement une carrière par les jobs les plus passionnants, sans même songer aux erreurs d’orientation. À l’opposé du spectre, les derniers boomers au travail sont là volontairement en général. Ils préfèrent travailler que prendre une retraite, anticipée ou non, et ils ont l’expérience pour eux.
« C’est logique, car ils sont nouveaux sur le marché du travail et n’ont pas encore la capacité de travailler de manière indépendante, ni l’expertise et l’expérience de leurs collègues plus âgés. Ils ne sont donc pas nécessairement plus ou moins motivés que les autres générations, mais cette motivation est scientifiquement de moindre qualité. »
Dr Hermina Van Coillie, experte en motivation
Mais 81,9 % à s’amuser au travail
Cela peut sembler paradoxal : ces jeunes qui semblent travailler parce qu’il le faut bien et culpabilisent aisément, s’amusent en fait, et veulent progresser.
- Parmi les sondés, ils étaient 81,9 % à dire s’amuser au travail dans la génération Z. Contre 67,7 % pour la génération X et 72 % pour les baby-boomers.
- De même, ils sont 86,2 % à faire confiance à leurs collègues. C’est nettement plus que la génération Y (79,9 %), la génération X (72,9 %) et les baby-boomers (76 %).
Par contre, ils ont bien acquis qu’une carrière, ça n’était plus que très rarement passer sa vie au sein de la même boite.
- C’est le groupe le plus enclin à envisager de quitter son entreprise à court (20,5 %) ou à long terme (39,8 %). Pour 46,6 % d’entre eux, c’est l’absence de possibilités d’évolution dans leur carrière qui motiverait cette décision. Le salaire suit très vite derrière (41,7 %).
- Pour la génération Y, les chiffres sont respectivement de 16 % et 27,9 %, et pour la génération X de 10,6 % et 15,3 %. Les baby-boomers affichent également des taux élevés (22,5 % et 12,8 %), mais pour eux, il s’agit de quitter définitivement le marché du travail, et pas de changer de poste.
« Nous constatons que la génération Z est réaliste quant à son parcours professionnel. L’époque où l’on n’avait qu’un seul employeur jusqu’à la retraite est loin derrière nous. La génération Z pense clairement à une carrière dans laquelle elle peut se réinventer en permanence. »
Linda Cappelle de Bright Plus