Générateurs de chansons IA Suno et Udio cherchent à collaborer avec les labels ; des artistes expriment des inquiétudes concernant les droits d’auteur


Principaux renseignements

  • Les générateurs de chansons basés sur l’IA sont confrontés à des défis juridiques, mais ils nouent des partenariats avec des maisons de disques afin de légitimer leurs activités.
  • Le scepticisme persiste au sein de la communauté artistique, qui plaide en faveur d’une rémunération adéquate et d’une utilisation éthique de l’IA dans la création musicale.
  • Si la génération musicale par IA présente des avantages potentiels pour les artistes en herbe, des inquiétudes subsistent quant à son impact sur la créativité humaine et la répartition des bénéfices.

L’essor des générateurs de chansons basés sur l’IA, tels que Suno et Udio, a suscité une controverse au sein de l’industrie musicale. Les plateformes permettent aux utilisateurs de créer des chansons originales en saisissant simplement des mots descriptifs, contournant ainsi les compétences et les connaissances musicales traditionnelles. Si cela peut sembler révolutionnaire, cela a soulevé des inquiétudes quant à la violation des droits d’auteur et à l’exploitation du travail des artistes.

Partenariats émergents

Au départ, les deux start-ups ont fait l’objet de poursuites judiciaires de la part de grandes maisons de disques qui les accusaient d’utiliser sans autorisation du matériel protégé par le droit d’auteur. Cependant, elles cherchent désormais activement à établir des partenariats avec ces mêmes maisons de disques afin de légitimer leurs activités et de se faire une place dans l’écosystème de l’industrie musicale.

Suno a déjà conclu des accords avec Warner Records, tandis qu’Udio a obtenu des accords de licence avec Warner, Universal et le label indépendant Merlin.

Scepticisme au sein de la communauté artistique

Malgré ces avancées, le scepticisme persiste au sein de la communauté artistique. Des musiciens affirment que les entreprises d’IA tirent profit de la propriété intellectuelle des artistes sans compensation ni consentement appropriés. Ils estiment que la musique générée par l’IA ne devrait pas remplacer la créativité humaine, mais plutôt être utilisée comme un outil complémentaire.

Les PDG de Suno et d’Udio soulignent leur engagement en faveur de pratiques éthiques et de la collaboration avec l’industrie musicale. Mikey Shulman, PDG de Suno, reconnaît que la technologie devance souvent les cadres juridiques, mais insiste sur la nécessité de fournir des produits qui répondent à la demande des utilisateurs tout en respectant le droit d’auteur. Andrew Sanchez, PDG d’Udio, positionne son entreprise comme un partenaire collaboratif pour les artistes, offrant aux fans des outils leur permettant d’interagir avec le travail de leurs musiciens préférés de manière nouvelle et créative.

Avantages potentiels pour les artistes en herbe

Certains musiciens voient les avantages potentiels de la création musicale assistée par l’IA. Christopher « Topher » Townsend utilise Suno pour créer des chansons sous le pseudonyme fictif de Solomon Ray, tirant parti de l’IA pour divers aspects de son projet musical, de la composition à la conception des pochettes d’albums. Il souligne l’efficacité et l’accessibilité que les outils d’IA offrent aux artistes en herbe.

Jonathan Wyner, professeur au Berklee College of Music, considère l’IA générative comme un outil puissant pour les musiciens, leur permettant d’explorer de nouvelles voies créatives et de rationaliser leur flux de travail. Cependant, des inquiétudes subsistent quant au remplacement potentiel des artistes humains et à la répartition équitable des bénéfices générés par la musique créée par l’IA.

Avenir incertain pour l’IA dans la musique

L’avenir de l’IA dans la musique reste incertain. Alors que les batailles juridiques se poursuivent et que le scepticisme de l’industrie persiste, des start-ups comme Suno et Udio ouvrent activement la voie à la collaboration et à l’intégration au sein de l’écosystème musical existant. Seul le temps nous dira comment ces technologies finiront par façonner le paysage de la création et de la consommation musicales. (fc)

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