L’inflation a beau montrer des signes de fléchissement, elle n’en demeure pas loin l’ennemie numéro 1 de la Réserve fédérale (Fed). La Banque centrale américaine a fait une pause, en septembre, dans sa hausse des taux d’intérêt, mais a adopté un ton particulièrement belliciste. D’autres vont beaucoup plus loin encore.
Délirant : l’idée que la Fed augmente ses taux d’intérêt à 7% fait son chemin

Pourquoi est-ce important ?
Après ne pas avoir vu venir l'inflation, puis en affirmant qu'elle était transitoire, les banques centrales, vont-elles commettre leur 3e erreur, en nous plongeant dans les abysses économiques avec de tels taux prohibitifs ? Aux États-Unis, l'idée d'augmenter encore les taux se fait de plus en plus concrète.Dans l’actu : Jamie Dimon, à la tête de la plus grande banque du pays (JPMorgan), estime que la Fed doit aller plus loin. Beaucoup plus loin.
- Étonnant et délirant à la fois. Quelques heures avant l’annonce de la Fed de faire une pause dans la hausse des taux d’intérêt, Jamie Dimon a estimé que la banque centrale était dans l’obligation d’encore faire monter ses taux.
- « Il y a de fortes chances qu’ils doivent aller plus haut. Je parle d’ici quatre ou six mois : l’inflation sera de 4 % et elle ne diminuera pas pour toute une série de raisons », a-t-il commenté, en marge d’un évènement organisé par le Detroit Economic Club.
- Ce lundi, dans une interview accordée au Economic Times of India, le premier banquier privé des États-Unis a précisé ses propos. « Le monde n’est pas préparé au pire scénario où les taux d’intérêt grimperaient à 7%, en plus d’une stagflation » a mis en garde Dimon.
- Or, selon le patron de JPMorgan, la différence entre 5 et 7% n’est pas du tout la même qu’entre 3 et 5% : « Passer de zéro à 2 % ne représentait pratiquement aucune augmentation. Passer de zéro à 5 % a pris certaines personnes au dépourvu, mais personne n’aurait exclu 5 % du champ des possibles » a suggéré le patron de JPMorgan. « Je ne suis pas sûr que le monde soit prêt pour 7 %.
- Jamie Dimon est particulièrement inquiet pour l’état de l’économie du monde dans les prochains mois et les prochaines années.
Que va faire la Fed ?
Les détails : où en est-on avec l’inflation et les taux d’intérêt, et quelle est la prochaine étape pour la banque centrale ?
- Après avoir atteint un sommet de 9,1% en juin 2022, l’inflation a entamé sa décrue pour retomber à 3,7% en août.
- Cette baisse, on la doit entre autres à de multiples hausses des taux d’intérêt de la Fed, qui a porté ses taux directeurs de 0% à 5,25 et 5,50%, en à peine quelques mois.
- Problème : l’inflation a reflué durant l’été. Passant de 3% en juin à 3,2% en juillet et puis à 3,7% en août.
- Y voyant en partie un effet saisonnier, la Fed a maintenu ses taux d’intérêt inchangés en septembre. Par contre, elle a prévenu qu’une nouvelle hausse pourrait intervenir d’ici la fin de l’année et que les taux resteraient sans doute hauts plus longtemps que prévu.
- Selon Bloomberg, 12 des 19 gouverneurs de la Fed sont favorables à une nouvelle hausse des taux cette année. Un gouverneur voit même le taux culminer au-dessus des 6% pour juguler complètement l’inflation. Parmi les traders, plus de 80% estiment qu’une nouvelle hausse interviendra en novembre prochain.
- De tels taux plongeraient certainement l’économie américaine dans une récession. Pour l’heure, les économistes estiment déjà à 60 % la probabilité d’une récession aux États-Unis au cours des 12 prochains mois. Bloomberg Economics voit la récession arriver dès cette année, alors que la Fed ne la voit pas arriver avant 2027. Ça vous donne une idée du degré de précision du diagnostic…
- Pourtant, l’inflation devrait reprendre sa marche à la baisse en septembre, où un taux de 3,1% est attendu, pas si loin de l’objectif (arbitraire) des 2%. On nage en plein délire…