Famine volontaire fait 5 800 victimes par an aux Pays-Bas


Principaux renseignements

  • Le refus volontaire de s’alimenter et de s’hydrater représente une part importante (3,5 pour cent) de l’ensemble des décès annuels aux Pays-Bas.
  • Bien que légale, cette méthode pour mettre fin à ses jours nécessite une préparation minutieuse et un soutien important en raison de sa nature difficile.

Une étude menée par l’Erasmus MC à Rotterdam révèle une statistique qui donne à réfléchir : environ 5 800 personnes meurent chaque année après avoir volontairement cessé de s’alimenter et de s’hydrater. Cela représente 3,5 pour cent de tous les décès annuels.

Aperçu méthodologique

L’étude a également révélé qu’environ 2 000 personnes par an choisissent de mettre fin à leurs jours en ingérant des médicaments ou des drogues mortels. Cette méthode est particulièrement répandue chez les personnes âgées de 30 à 70 ans, dont beaucoup souffrent de troubles mentaux et ont déjà tenté de se suicider.

L’euthanasie pratiquée par des médecins coûte la vie à près de 10 000 personnes chaque année, soit 5,8 pour cent de tous les décès. Pour un tiers de ces personnes, le refus d’une demande d’euthanasie a été le catalyseur direct de leur décision de cesser de s’alimenter et de s’hydrater.

Motivations pour une mort autodéterminée

Une écrasante majorité (90 pour cent) des personnes qui choisissent une mort autodéterminée citent des souffrances insupportables comme principale motivation. Une partie importante d’entre elles se sentaient également désespérées quant à toute perspective d’amélioration de leur vie.

Selon Fenne Bosma, chercheuse participant à l’étude, de nombreuses personnes qui souhaitent mettre fin à leurs jours aspirent à l’autonomie et au contrôle du moment de leur mort. Certaines peuvent hésiter à imposer ce fardeau aux professionnels de santé ou nourrir des objections éthiques à l’intervention médicale dans la fin de vie.

Considérations juridiques et éthiques

Il est important de noter que le fait d’aider une personne qui choisit de cesser de s’alimenter et de s’hydrater n’est pas considéré comme un crime par la loi néerlandaise. Ces décès sont ensuite classés comme des causes naturelles. Si la plupart des personnes et leurs proches considèrent cette méthode comme une façon digne de mourir, les chercheurs soulignent l’importance d’une préparation et d’un soutien minutieux.

Les soignants apportent parfois leur aide pendant le processus, en administrant des médicaments tels que des sédatifs ou de la morphine. La majorité des personnes qui meurent de cette manière ont plus de 80 ans et souffrent de troubles physiques. Certaines sont également confrontées à des maladies qui ont un impact sur leur espérance de vie.

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