États-Unis s’assurent l’accès aux minéraux africains essentiels


Principaux renseignements

  • Les États-Unis mettent en œuvre un plan stratégique visant à s’assurer l’accès aux minéraux essentiels, présents en abondance dans l’Afrique.
  • Les acheteurs américains ont recours à des accords d’achat et à des financements publics pour obtenir des parts prédéterminées de la production des mines congolaises.
  • Les États-Unis cherchent à réorienter la production minière congolaise vers les acheteurs américains, remettant ainsi en question la domination de la Chine.

Malgré des considérations éthiques qui ralentissent la mise en œuvre des projets, les États-Unis cherchent à orienter la production de minerais congolais vers des acheteurs américains. 

Contrer la domination chinoise

La stratégie vise à contrer la position dominante de la Chine dans ces chaînes d’approvisionnement. Au lieu de mener des opérations minières directes dans des pays à haut risque, les États-Unis tirent parti d’accords d’achat et de financements publics. Ces accords permettent aux acheteurs américains d’acquérir une partie prédéterminée de la production minière. Ils le font en échange d’un soutien financier ou d’autres contreparties.

Un exemple en est la collaboration des États-Unis avec la société minière publique congolaise Gécamines. Grâce à la renégociation des conditions, Gécamines expédiera cette année environ 100 000 tonnes de cuivre de sa mine de Tenke Fungurume à des acheteurs américains. Ce changement dans les flux minéraux illustre l’évolution de la dynamique du paysage minier mondial.

Au-delà du cuivre

L’approche américaine ne se limite pas au cuivre. La stabilité de la chaîne d’approvisionnement chinoise en cobalt suscite des inquiétudes. En effet, le Congo impose des restrictions à l’exportation. Parallèlement, la coopération croissante entre les États-Unis et la RDC a un impact supplémentaire sur la domination chinoise.

Pensana, une société basée à Londres, illustre cette tendance en délocalisant son projet de raffinerie de terres rares de Grande-Bretagne vers les États-Unis. La décision a été motivée par des incitations et des garanties de prix plus favorables aux États-Unis. Cette décision stratégique souligne la volonté des États-Unis de s’assurer l’accès aux minéraux critiques par le biais d’incitations financières plutôt que par une implication industrielle directe.

Alors que les entreprises chinoises continuent d’exercer un contrôle important sur les ressources en cuivre et en cobalt du Congo, les États-Unis se positionnent stratégiquement pour rediriger la production minérale congolaise vers les acheteurs américains. Au-delà du cuivre et du cobalt, le Congo est en train de devenir un fournisseur clé d’autres minéraux essentiels tels que le zinc, le germanium et le gallium. Le rôle croissant de la Gécamines dans l’exportation de ces matériaux souligne son importance stratégique dans ce paysage en pleine évolution.

Avantage de la rapidité

Malgré les efforts des États-Unis, la Chine conserve un avantage significatif en termes de rapidité et de déploiement de capitaux. Les opérateurs chinois sont connus pour mener à bien rapidement leurs projets, même ceux qui font l’objet de litiges concernant la propriété. À l’inverse, les entreprises américaines accordent la priorité aux considérations éthiques et aux bonnes pratiques de gouvernance, ce qui entraîne parfois des retards.

Le contraste est évident dans des projets tels que le gisement de lithium de Manono, où KoBold Metals insiste pour résoudre les questions de propriété avant de commencer les opérations, tandis que Zijin Mining fait progresser les infrastructures malgré les litiges en cours. De même, le consortium Winning Simandou, soutenu par la Chine, a poursuivi son gigantesque projet d’exploitation de minerai de fer en Guinée, obligeant Rio Tinto à s’aligner sur ses progrès. (at)

(JW)

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