États-Unis et Iran entament des discussions nucléaires cruciales à Genève 


Principaux renseignements

  • Les négociations à haut risque entre les responsables américains et iraniens à Genève visent à éviter un conflit et à trouver une solution diplomatique concernant le programme nucléaire iranien.
  • Malgré les tensions accrues et les menaces d’action militaire des deux côtés, les négociateurs se sont montrés ouverts à de nouvelles solutions, laissant entrevoir un compromis possible.
  • Le succès des négociations dépend de la clarification des exigences de Donald Trump et de la réponse de l’Iran aux préoccupations concernant ses activités d’enrichissement d’uranium, tout en cherchant à obtenir un allègement des sanctions.

Les négociations entre les responsables américains et iraniens à Genève constituent une étape cruciale pour prévenir le conflit. Les pourparlers indirects, menés sous la médiation du ministre des Affaires étrangères d’Oman, Badr Albusaidi, font suite à un important renforcement militaire des États-Unis au Moyen-Orient, le plus important depuis la guerre en Irak.

Tensions accrues

Les discussions se déroulent dans un contexte de tensions accrues. Le président Donald Trump a menacé de recourir à la force si aucun accord sur le nucléaire n’était conclu, tandis que l’Iran a promis de riposter avec force à toute attaque. Si les négociateurs se sont montrés ouverts à de nouvelles solutions, les perspectives d’accord restent incertaines.

Trump, qui préfère une résolution diplomatique, a également envisagé des frappes limitées contre l’Iran comme moyen de pression. Cependant, huit mois après les frappes aériennes américaines contre des installations nucléaires iraniennes lors d’un conflit entre Israël et l’Iran, il n’a pas clarifié ses exigences ni l’urgence d’une action militaire. L’Iran a résisté à la demande américaine de mettre fin à l’enrichissement d’uranium sur son territoire, mais a laissé entrevoir des concessions potentielles concernant son programme nucléaire.

Acteurs clés

La délégation américaine est dirigée par l’envoyé spécial Steve Witkoff et le gendre de Trump, Jared Kushner, tandis que le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi dirige l’équipe iranienne. Ces dernières semaines, les États-Unis ont déployé des milliers de soldats, des porte-avions, des avions de combat et des avions ravitailleurs dans la région, ce qui a encore exacerbé les tensions.

Trump a déplacé son attention de la répression des manifestations internes en Iran vers son programme nucléaire, qui est depuis longtemps un sujet de discorde avec l’Occident. Depuis des décennies, les États-Unis et Israël accusent l’Iran de mener un programme clandestin d’armement nucléaire, accusation que l’Iran nie. Bien que l’Iran insiste sur le fait que son enrichissement d’uranium est à des fins pacifiques, il reste le seul État non nucléaire à enrichir de l’uranium à des niveaux proches de ceux requis pour la fabrication d’armes.

État de l’Union

Dans son discours sur l’état de l’Union, Trump a vaguement fait allusion à la menace iranienne, soulignant le développement des missiles du pays et l’accusant de tenter de relancer son programme nucléaire après les frappes aériennes de l’année dernière. Il a réitéré qu’il ne permettrait pas au « premier sponsor mondial du terrorisme » d’acquérir des armes nucléaires.

Alors que l’Iran maintient que ses activités d’enrichissement ont cessé après les frappes et n’a pas autorisé les inspecteurs internationaux à accéder aux sites endommagés, Araghchi a déclaré sur les réseaux sociaux que l’Iran « ne développera en aucun cas une arme nucléaire », tout en soulignant la possibilité d’un accord sans précédent répondant aux préoccupations mutuelles.

Compromis potentiels

Les propositions iraniennes restent confidentielles, mais les discussions pourraient porter sur la création d’un consortium régional pour l’enrichissement de l’uranium, qui pourrait permettre de résoudre la question des stocks d’uranium hautement enrichi de l’Iran. En échange, l’Iran souhaite la levée des sanctions qui le paralysent.

Les opposants au régime iranien affirment que l’allègement des sanctions apporterait un soutien crucial aux dirigeants religieux. Cependant, les conditions acceptables pour Trump en vue d’un accord restent floues.

Options militaires

Selon certaines informations, Trump pourrait envisager des frappes initiales contre des cibles iraniennes, telles que les Gardiens de la révolution ou des sites nucléaires, afin de faire pression sur Téhéran pour qu’il fasse des concessions. Certaines informations font même état d’une campagne potentielle visant à destituer le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, en cas d’échec des négociations. Alors que Trump affirme que ces actions seraient « faciles à mener », le chef d’état-major interarmées aurait mis en garde contre les risques d’un conflit prolongé.

L’Iran, quant à lui, menace de riposter contre les ressources militaires américaines et Israël s’il venait à être attaqué. Les alliés des États-Unis dans la région s’inquiètent qu’une attaque contre l’Iran puisse déclencher un conflit plus large, avertissant que la puissance aérienne seule ne suffirait pas à changer le leadership iranien. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui considère depuis longtemps l’Iran comme une menace importante et une source d’instabilité régionale, plaide en faveur d’un accord qui traite des missiles balistiques iraniens et du soutien apporté aux mandataires.

Implications régionales

Les analystes supposent que Netanyahu, qui a récemment rencontré Trump à la Maison Blanche, pourrait faire pression en faveur d’un changement de régime en Iran. Les États-Unis possèdent le deuxième arsenal nucléaire mondial, tandis qu’Israël est soupçonné d’avoir son propre programme d’armement nucléaire, bien qu’il ne le confirme ni ne le nie.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

Plus