Principaux renseignements
- Le gouvernement américain exprime son inquiétude face à l’influence croissante de la Chine au Pérou à travers des projets d’infrastructure tels que le port de Chancay.
- Selon le département d’État américain, accepter les investissements chinois peut menacer la souveraineté nationale.
Les États-Unis ont fait part de leurs inquiétudes quant à l’influence croissante de la Chine sur les infrastructures critiques du Pérou. Ils s’inquiètent notamment de la récente décision de justice qui limite le contrôle péruvien sur le port de Chancay. Il s’agit d’une installation en eau profonde d’une valeur de 1,3 milliard de dollars (1 milliard d’euros) construite par des investisseurs chinois.
Préoccupations des États-Unis
Le département d’État américain souligne le droit souverain du Pérou à contrôler ses propres infrastructures. Il met également en garde contre le fait qu’accepter « l’argent chinois bon marché » pourrait nuire à la souveraineté nationale. Ces déclarations s’inscrivent dans la lignée de l’objectif du gouvernement Trump de renforcer la domination américaine dans l’hémisphère occidental. La Chine gagne depuis longtemps du terrain dans cette région grâce à des prêts et au commerce.
Le port de Chancay fait partie de l’initiative chinoise « Belt and Road ». Il s’agit d’un programme mondial d’infrastructure qui finance la construction de ports, d’aéroports et d’autoroutes sur plusieurs continents. En tant que port le plus profond d’Amérique latine, Chancay peut accueillir certains des plus grands cargos du monde qui naviguent entre l’Asie et l’Amérique du Sud.
Réaction chinoise
Cosco, l’entreprise publique chinoise qui détient une participation majoritaire dans le port, a réfuté les accusations des États-Unis. L’entreprise soutient que le port reste soumis à la juridiction et à la réglementation péruviennes. Cosco souligne la présence des autorités péruviennes, notamment la police, les inspecteurs environnementaux et les douaniers, qui supervisent les activités du port.
La décision rendue le 29 janvier par un juge d’un tribunal inférieur interdit aux autorités péruviennes de réglementer, contrôler ou sanctionner le port de Chancay. Ositran, l’autorité portuaire péruvienne, a l’intention de faire appel de cette décision. Elle fait valoir que Cosco Shipping ne devrait pas être exemptée de surveillance, car elle est la seule entreprise à fournir des services publics sans être soumise à aucune surveillance.
Bataille juridique
Bien que le port de Chancay soit privé, il occupe une partie importante du territoire péruvien. Le président de l’Ositran estime donc qu’il relève de la compétence des autorités publiques afin de garantir le respect des normes locales en matière de protection des consommateurs. Ni le ministère péruvien des Affaires étrangères ni l’ambassade de Chine au Pérou n’ont commenté la situation. (ev)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

