Principaux renseignements
- Kevin Warsh devrait prochainement prendre la tête de la Réserve fédérale américaine. Il dirigera l’institution monétaire dans une période économique difficile, marquée par l’inflation et des pertes d’emplois potentielles.
- La « tempête parfaite » de l’inflation et de la stagnation de la croissance oblige Warsh à prendre des décisions difficiles, en privilégiant potentiellement un objectif économique plutôt qu’un autre.
- Malgré la pression exercée par le président Donald Trump pour baisser les taux d’intérêt, la Fed pourrait être contrainte de s’attaquer à la hausse de l’inflation provoquée par la guerre en Iran et les problèmes actuels liés à la chaîne d’approvisionnement.
Kevin Warsh est sur le point de prendre la présidence de la Réserve fédérale dans un contexte économique difficile. Il doit trouver un équilibre délicat entre la lutte contre l’inflation et la santé du marché du travail, une situation que les économistes qualifient de « tempête parfaite ».
Des objectifs contradictoires
La Réserve fédérale a pour mandat de maintenir la stabilité des prix et le plein emploi, deux objectifs souvent contradictoires. Les approches classiques consistent à relever les taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation, à les abaisser pour stimuler la croissance économique et l’emploi, ou à les maintenir stables pour trouver un juste milieu.
Cependant, les indicateurs économiques actuels suggèrent que Warsh héritera d’un scénario où l’inflation et le chômage sont tous deux préoccupants. La hausse des prix de l’énergie due à la guerre en Iran complique encore la situation. Cette combinaison de « stagflation » – inflation élevée et faible croissance – représente un cauchemar pour les responsables de la Fed, les obligeant à potentiellement privilégier un objectif plutôt que l’autre, au risque de compromettre les deux.
Pression politique
Pour compliquer encore les choses, le président Trump attend de Warsh qu’il abaisse considérablement les taux d’intérêt. Trump et son administration ont précédemment fait valoir que l’inflation ne constituait pas une menace majeure et que la Fed devait continuer à réduire ses taux.
Il ne sera pas facile de répondre à ces attentes. Même avant la flambée des prix de l’énergie, les coûts de production augmentaient, en partie à cause des droits de douane imposés par Trump. Les économistes préviennent que si les prix de l’énergie restent élevés, l’inflation pourrait dépasser 3 pour cent alors que les finances des consommateurs sont sous pression et que le marché du travail s’affaiblit.
Divisions au sein de la Fed
Le Comité fédéral de l’open market est déjà divisé sur l’orientation future de la politique monétaire. Si la Fed ignore généralement les chocs pétroliers à court terme, elle pourrait être contrainte de s’attaquer aux perturbations à plus long terme causées par la situation actuelle.
Malgré la menace d’une inflation plus élevée, certains économistes estiment que la Fed est plus susceptible de baisser les taux d’intérêt. L’un des facteurs qui soutiennent cette opinion est la poursuite des dépenses de consommation, même si celles-ci sont concentrées parmi les ménages à revenus élevés. (fc)
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