Après la fermeture des centrales nucléaires, que faire des déchets radioactifs à longue durée de vie ? Profondément sous terre, est la réponse la plus courante. Mais dans un message publié sur LinkedIn, Ivo Van Isterdael, conseiller en chef du régulateur de l’énergie CREG, plaide pour une autre approche : l’élimination en surface.
Élimination des déchets nucléaires : peut-on le faire en surface ?

Pourquoi est-ce important ?
L'élimination des déchets nucléaires - et les milliards de d'euros qui y sont associés - est l'un des sujets brûlants des discussions entre le gouvernement fédéral et Engie, l'exploitant des centrales nucléaires de Doel et de Tihange.Le gouvernement fédéral n’a pas encore décidé où et comment les déchets hautement radioactifs seront récupérés dans les décennies à venir. Il s’agit de la dernière pièce du puzzle avant la sortie très discutée de l’énergie nucléaire. Les experts soulignent que l’ensemble du processus d’élimination prendra jusqu’à 100 ans et parlent du « chantier du siècle ».
Sous terre
Entre autres, l’organisme de surveillance nucléaire AFCN préconise un stockage en profondeur, dans des galeries ou des forages profonds. Les avantages les plus cités :
- Les déchets radioactifs trouvent un lieu de repos permanent.
- Les générations futures n’auront pas à se soucier de son transport, de son stockage ou de son traitement.
- La radioactivité est encapsulée par les couches du sol, ce qui minimise les risques pour la population et la nature.
- Les installations temporaires de stockage en surface sont dispensées.
En surface
Mais Van Isterdael a un point de vue très différent: « Pourquoi voudrions-nous encore mettre des déchets hautement radioactifs sous terre ? Pourquoi ne pas simplement le stocker en surface ? Nous ne stockons pas non plus d’objets coûteux, de matériel sensible ou de données secrètes sous terre », écrit-il.
Contrairement à l’opinion générale, l’expert de la CREG voit les avantages suivants dans le stockage en surface :
- Beaucoup moins cher
- La sécurité est plus contrôlable
- Aucun risque en cas de tremblement de terre
- Aucun risque de contamination du sous-sol et de nos nappes phréatiques
- Facilement accessible
- Facile à sécuriser
- Les déchets restent accessibles pour un éventuel recyclage.
Technologie
Comme dans l’épineux dossier Ventilus, la question se pose donc de savoir dans quelle mesure les décideurs politiques d’aujourd’hui devraient déjà prendre en compte les éventuelles innovations technologiques de demain. Et si nous devons opter pour une solution permanente ou flexible.
On attend maintenant le « grand dialogue national » annoncé au début de l’année, mais qui n’a pas encore été lancé. La Fondation Roi Baudouin sonderait l’opinion publique sur l’élimination des déchets nucléaires pendant au moins un an et demi, afin que les responsables politiques puissent ensuite prendre une décision finale.
BL