Égalité hommes-femmes: le classement des 10 pires pays

Écart salarial, opportunités d’emploi, études… Les inégalités hommes-femmes se marquent dans de nombreux secteurs. Voici les pires pays dans le domaine.

L’égalité entre les sexes est un aspect fondamental pour mesurer le niveau de prospérité des économies et surtout des sociétés à travers le monde. Mais les derniers chiffres, tirés du Global Gender Gap Report du Forum économique mondial (WEF), indiquent que les pays ont encore de gros efforts à faire pour parvenir à gommer les inégalités entre les hommes et les femmes.

Ainsi, le WEF a calculé, sur base des données de l’année 2017, que les femmes devront attendre 217 ans avant de recevoir le même salaire que les hommes à travail égal. Pourtant, il y a un an de cela, en 2016, le WEF tablait sur 170 ans « seulement » pour atteindre l’égalité salariale.

L’Islande, pays le plus égalitaire au monde

La femme manque clairement de droits par rapport à l’homme, et ce dans tous les domaines étudiés par le rapport: la participation économique et les opportunités en termes d’emploi, le niveau d’instruction, la santé et l’espérance de vie, ou encore la prise de pouvoir politique.

Au classement de l’égalité des sexes, il y a bien sûr quelques bon élèves, tels que l’Islande en tête du ranking. L’Islande a, par ailleurs, été le premier pays au monde à imposer le 1er janvier 2018 l’égalité des sexes en matière salariale. Cela signifie que depuis cette année, il est devenu illégal pour une entreprise ou un employeur de rémunérer moins une femme qu’un homme, à travail égal.

L’Afrique, continent le moins égalitaire au monde

Et puis, il y a les mauvais élèves, c’est-à-dire les pays qui font le moins d’efforts pour parvenir à réduire, voire supprimer, les inégalités entre les hommes et les femmes. Voici donc le dernier classement des pires pays en matière d’égalité hommes-femmes, largement dominé par le Maghreb et l’Afrique en général.

10. La Jordanie

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La Jordanie se classe 135e sur 144, avec un score global de 0,604 (1,0 signifiant la parfaite égalité entre les sexes). Le domaine où le pays est le plus inégalitaire est la prise de pouvoir politique (avec un maigre score de 0,075). Il fait à peine mieux dans le secteur de la participation économique et des opportunités en termes d’emploi (0,377). Néanmoins, en termes de niveau d’éducation (0,996), ainsi que de santé et d’espérance de vie (0,969), la Jordanie frôle l’égalité hommes-femmes.

9. Le Maroc

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Le Maroc est 136e sur 144, avec un score global de 0,598. Comme dans bien d’autres pays, c’est dans la prise de pouvoir politique que le pays observe les plus grandes inégalités entre les hommes et les femmes (avec un score de 0,117).  

8. Le Liban

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Le Liban est 137e sur 144, avec un score global de 0,596. Là aussi, c’est le domaine politique qui fait chuter la moyenne (score de 0,019), car trop peu de femmes sont élues dans des instances représentatives. 

7. L’Arabie saoudite

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L’Arabie saoudite a enregistré d’immenses progrès ces derniers mois grâce à la vague de réformes entreprises par le jeune prince héritier Mohammed ben Salmane (32 ans). En septembre, il a ainsi levé l’interdiction de conduire aux femmes, une étape importante pour leur émancipation. Un peu plus tard, elles ont été autorisées à se rendre dans des stades et assister aux événements sportifs organisés dans le pays.

Mais ce n’est pas suffisant pour gommer les fortes inégalités entre les sexes, inscrites de longue date dans ce pays islamique conservateur. L’Arabie saoudite se classe, en effet, 138e sur 144, avec un score global de 0,584. Sans surprise, c’est au niveau de la prise de pouvoir politique des femmes qu’il y a le plus d’inégalités (avec un score moyen de 0,077). Mais c’est toujours mieux qu’en 2006, où ce score était de 0.

6. Le Mali

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Le Mali est 139e sur 144, avec un score global de 0,583. Ce sont encore une fois la prise de pouvoir politique (0,118) et la participation économique (0,518) qui posent problème dans l’égalité hommes-femmes.

5. L’Iran

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L’Iran est 140e sur 144, avec un score de 0,583. Dans la République islamique, ce sont au niveau de la prise de pouvoir politique (0,046) ainsi que la participation économique et les opportunités en termes d’emploi (0,357) que le pays enregistre les plus grandes inégalités entre les hommes et les femmes.

4. Le Tchad

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Le Tchad est 141e sur 144, avec un score global de 0,575. Dans ce pays d’Afrique central, les femmes de considération globalement dans tous les domaines. Mais ce sont dans la prise de pouvoir politique (0,087) et dans le niveau d’éducation (0,572) que les écarts observés sont les plus grands.

3. La Syrie

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Il n’est qu’à peine étonnant de voir ce pays ravagé par la guerre civile depuis 2011 dans le top 3 des pires pays en matière d’égalité hommes-femmes. La Syrie se classe ainsi 142e sur 144, avec un score global de 0,568. Sans surprise, ce sont dans les domaines de la prise de pouvoir politique (0,063) et de la participation économique (0,274) que les Syriennes ont le moins droit au chapitre.

2. Le Pakistan

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Le Pakistan est avant-dernier du classement, soit 143e sur 144. Son score global en matière d’égalité hommes-femmes est de 0,546, alors que la parfaite égalité se situe à 1,0. Ce sont encore une fois dans les domaines de la prise de pouvoir politique (0,127) et de la participation économique (0,309) que la république islamique enregistre les plus grandes inégalités entre les sexes.

1. Le Yémen

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Le Yémen est 144e sur 144, autrement dit le pays le moins respectueux en matière d’égalité hommes-femmes. Son score global est de 0,516, ce qui est peu comparé au 0,878 de l’Islande (1,0 signifiant la parfaite égalité). Le domaine où il y a le plus d’inégalités entre les sexes est la prise de pouvoir politique, avec un score de 0,014 (soit la quasi totale inégalité). Le principal problème est qu’il n’y a pratiquement aucune femme au parlement.

Le Yémen fait un peu mieux dans la participation économique et les opportunités en termes d’emploi (0,345), le niveau d’instruction (0,737), et enfin la santé et l’espérance de vie (0,968). Mais ces scores témoignent d’un très mauvais lieu de vie et d’épanouissement pour les femmes.