Dans cette ville russe, 1 personne sur 50 est séropositive

En Russie, le premierdécès lié au sida a été enregistré à Saint-Pétersbourg en1987. Depuis lors, 287.000 personnes sont mortes du sida en Russie.En outre, actuellement, le pays compte 968.000 citoyens porteurs duVIH qui est à la base de la maladie, indique un rapport du chercheurrusse Vadim Pokrovsky. Un des endroits les plus sévèrement touchésest la ville sibérienne d’Irkoutsk où 1 personne sur 50 estséropositive, rapporte Courrier International.  

L’énormeconsommation  de drogues par la population est considéréecomme la raison principale de cette situation. Le tabou à propos decette maladie, le comportement de déni dans les milieux médicauxrusses et la passivité des autorités rendent la lutte contre lamaladie très difficile, selon les acteurs de terrain.

Saint-Pétersbourg

Officiellement, le premiercas de contamination au VIH a été enregistré à Saint-Pétersbourg,il y a 31 ans. Les autorité russes ont cependant nié longtempsl’existence de la maladie dans leur pays. « Pour le moment, il ya , chaque heure, 10 contaminations au VIH en Russie », disentles porte-paroles de l’organisation Navigateur qui s’occupe del’accueil et de l’accompagnement de patients.

Un Russe sur 40 âgé de 35 à 39 ans est infecté par le VIH, et un homme sur 30 vit avec le sida, a encore ajouté Vadim Pokrovsky. « Dans le groupe des 35-39 ans, 2,5% de la population est déjà infectée par le VIH, ce qui signifie un sur 40. Si nous prenons les hommes, 3,3% vivent avec le VIH, soit un sur 30 », explique l’académicien.

« Dans le monde, iln’y a qu’en Afrique du Sud et au Nigeria, que l’on observe plus decontaminations. Moins de la moitié des malades  reçoivent untraitement en Russie. Chaque jour, 87 personnes meurent des suites dela maladie », explique Courrier International.

Irkoutsk est un des foyersde la maladie en Russie. »Il y a trente ans , on n’enregistraitque 32 contaminations », disent les meneurs de cette action.L’année suivante, 3.157 contaminations ont cependant étécomptabilisées. Dans tout le pays, 30.000 séropositifs ont étérecensés. »

« La propagation duvirus s’est produite surtout par l’utilisation de seringuesd’injection sales par les drogués. Dans les années 90, Irkoutsk aété submergée par la drogue. Des produits illégaux étaient envente ouvertement. Tout le monde savait où se trouvaient les dealers.En outre, il était habituel chez les héroïnomanes d’utiliser lamême seringue ».

Agents de l’étranger

« Bienqu’officiellement, un centre de prévention est opérationnel àIrkoutsk depuis les années 80, les autorités ont longtemps ferméles yeux devant le problème du sida », explique Navigateur. « Lalutte est menée surtout par des organisations étrangères comme laCroix-Rouge américaine, la Fondation Soros et Médecins sansFrontières. »

« Il n’y a que 12 ansque la Russie a reconnu officiellement l’épidémie de sida. Ce n’estqu’à ce moment-là que des moyens ont été libérés pour letraitement des séropositifs. Le problème existe cependant toujours.Les nouvelles générations sont sans doute passées en grande partieà d’autres drogues, mais les anciens utilisateurs continuent à sepiquer à l’héroïne. »

Pour le moment, Navigateurest la seule organisation qui s’occupe du sida dans le régiond’Irkoutsk. Il y a six ans, la plupart des organisations ont dû eneffet quitter le pays. Les autorités russes les ont accusées d’ingérence étrangère. 

Seul Navigateur est resté,mais, à cause d’un manque de soutien financier, l’organisationdevrait arrêter ses activités à la moitié de cette année. Leseul espoir de Navigateur est l’aide de la fondation du musicienbritannique, Elton John, qui fait d’importantes donations en Russie,en Europe de l’Est et en Asie centrale.

Le ministère russe de laSanté a prévu cette année un budget de 294 millions d’euros pourla lutte contre le sida. Avec cela,  260.000 malades à peinepeuvent recevoir un traitement. Rien qu’à Irkoutsk, 26.000 patientssont déjà suivis. 

En outre, la Russieenvisage de nouvelles mesures contre les puissances étrangèresennemies. Cela pourrait mener à l’interdiction d’importation demédicaments américains destinés au traitement de malades du sida.

Cette situation aurait desconséquences catastrophiques pour les malades russes. L’espérancede vie pour un séropositif russe est de 38 ans.