Cuba sous pression : sanctions pétrolières américaines paralysent l’économie, tensions politiques s’intensifient


Principaux renseignements

  • L’interdiction par le président américain Donald Trump des livraisons de pétrole vénézuélien à Cuba menace gravement l’économie déjà en difficulté de cette nation insulaire.
  • La perte du pétrole vénézuélien aggrave la crise énergétique à Cuba et intensifie la pénurie de biens de première nécessité.
  • Malgré les espoirs des États-Unis, il n’est pas certain que les difficultés économiques de Cuba conduisent directement à une instabilité politique ou à un changement de régime.

L’escalade des tensions entre les États-Unis et Cuba résulte des efforts intensifiés du président Donald Trump pour couper l’approvisionnement en pétrole vénézuélien de l’île. Cette mesure a mis à rude épreuve l‘économie déjà fragile de Cuba et suscité des inquiétudes quant à la stabilité politique du pays.

Campagne de pression

Trump a déclaré la fin de toutes les livraisons de pétrole et de l’aide financière du Venezuela à Cuba, exhortant ses dirigeants à négocier avec Washington sous peine de subir des conséquences non précisées. Il a souligné la dépendance de Cuba vis-à-vis du pétrole vénézuélien depuis 2000, affirmant que le pays fournissait des « services de sécurité » en échange de livraisons substantielles de pétrole et d’un soutien financier.

La campagne de pression fait suite à la capture du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines, un changement important dans la dynamique régionale qui a conduit le Venezuela à réorienter ses exportations de pétrole vers les États-Unis. Cela a eu pour effet de couper une artère vitale pour Cuba, qui dépendait du Venezuela pour environ la moitié de ses besoins en pétrole, rapporte Reuters.

Crise économique à Cuba

La perte potentielle du pétrole vénézuélien menace d’aggraver la crise énergétique actuelle à Cuba, caractérisée par des coupures de courant fréquentes, de longues files d’attente dans les stations-service et les magasins d’alimentation, et des pénuries de produits de première nécessité. Ces difficultés dressent le tableau de la crise économique la plus grave que le pays ait connue depuis des décennies.

Les agences de renseignement américaines ont évalué que l’économie cubaine était profondément fragilisée, citant l’impact des sanctions commerciales, les coupures d’électricité persistantes et d’autres problèmes touchant des secteurs clés tels que l’agriculture et le tourisme. Même avant que l’approvisionnement en pétrole ne soit compromis, la situation énergétique de Cuba était précaire.

Changement de régime ?

Trump et d’autres responsables américains suggèrent que l’arrêt des livraisons de pétrole vénézuélien pourrait entraîner la chute du gouvernement cubain, un objectif de longue date pour les partisans de la ligne dure comme le secrétaire d’État Marco Rubio. Cependant, les évaluations de la CIA ne permettent pas de déterminer avec certitude si la détérioration de la situation économique déstabiliserait réellement le régime en place depuis la révolution de Fidel Castro en 1959, rapporte Reuters.

Tout en reconnaissant la gravité de la situation économique de Cuba, les responsables des services de renseignement soulignent que les difficultés économiques ne se traduisent pas nécessairement par des changements politiques. Le président cubain Miguel Díaz-Canel a rejeté avec défi la pression exercée par les États-Unis, rejeté les appels à la coopération lancés par Trump et qualifié les actions de Washington de menaces « criminelles » pour la paix mondiale.

Fournisseurs alternatifs de pétrole

Cuba maintient son droit d’acheter du pétrole à tout exportateur disposé à lui en fournir, rejetant l’ingérence des États-Unis dans ses affaires économiques. À mesure que la crise s’intensifie, les craintes de troubles sociaux et de migrations massives s’amplifient. Les experts avertissent que le manque de pétrole pourrait pousser Cuba vers l’effondrement, déclenchant potentiellement une émigration à grande échelle similaire à celle observée lors de périodes de difficultés passées.

Le Mexique est apparu comme un fournisseur de pétrole alternatif limité, mais sa capacité est loin de pouvoir remplacer les livraisons vénézuéliennes. Pendant ce temps, l’économie communiste cubaine continue de souffrir sous le poids d’une planification étatique rigide, des sanctions américaines, du déclin du tourisme dû à la pandémie de COVID-19 et de la perte du soutien extérieur.

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