James Skea, le tout nouveau directeur du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’Organisation des Nations unies chargée des questions climatiques, a averti les investisseurs en énergies fossiles que la transition énergétique pourrait leur coûter entre 1.000 et 4.000 milliards de dollars.
Dans l’actualité : Skea a mis en garde sur CNBC que la « bulle carbone » était sur le point d’éclater.
- Selon le chef du GIEC, le monde doit prendre des mesures dès que possible pour lutter contre le changement climatique. Cela passe notamment par une élimination progressive des combustibles fossiles.
- Skea a averti que les investisseurs qui continuent à miser sur les combustibles fossiles risquent maintenant de perdre de 1.000 à 4.000 milliards de dollars. Tout en admettant qu’il soit inévitable que les combustibles fossiles, en particulier le gaz naturel, soient encore utilisés d’ici le milieu du siècle, le chef du GIEC a déclaré que 80 % des réserves actuelles de charbon, 50 % des réserves de gaz naturel et 30 % des réserves de pétrole doivent rester dans le sol si l’on veut que le monde atteigne ses objectifs climatiques.
- Or, de nombreuses entreprises du secteur de l’énergie, comme Shell, BP et TotalEnergies, viennent de décider d’investir davantage dans l’extraction de pétrole et de gaz, et non pas moins. Elles affirment que cela est nécessaire pour éviter une crise énergétique. Un rapport de Thomson Reuters publié au début de l’année a montré que la demande de combustibles fossiles reste non seulement élevée en Occident, mais surtout qu’elle augmente dans les économies émergentes.
- Le fait que ces pays aient besoin de combustibles fossiles pour maintenir ou améliorer leur niveau de vie n’a que peu d’importance pour Skea. « Une action transformatrice très ambitieuse est nécessaire », ajoute-t-il. Plus les gouvernements tardent à agir, plus les dégâts seront importants à l’avenir, estime-t-il.
L’accord de Paris sur le climat
En résumé : Le GIEC et Skea appellent à de fortes réductions des combustibles fossiles pour atteindre les objectifs de Paris.
- En vertu de ces objectifs internationaux, convenus lors de la conférence de Paris sur le climat en 2015, le monde doit limiter le réchauffement de la planète à 2 degrés Celsius au maximum.
- Mais pour certains critiques, l’accord n’est pas suffisant, car les pays peuvent fixer leurs propres objectifs en matière de climat. Et bien qu’il soit contraignant, aucune sanction ne peut être imposée aux pays qui n’atteignent pas leurs objectifs.
(JM)