Markten:
Markten inladen...

JEUDI 13 AOûT

Business 24/7

Zoeken
scrollTop top

La corruption coûte à chaque Italien 10.607 euros par an

Logo Business AM

14/02/2017 | Arnaud Lefebvre | 3 min de lecture

Il y a un quart de siècle, l’Italie a lancé l’opération Mains propres (Mani pulite), une enquête sur la corruption généralisée dans le pays. Toutefois, depuis lors, rien n’a changé, affirme Piercamillo Davigo, président de de l’Association nationale italienne des magistrats, dans le journal Corriere dell Sera.

Il y a un quart de siècle, l’Italie a lancé l’opération Mains propres (Mani pulite), une enquête sur la corruption généralisée dans le pays. Toutefois, depuis lors, rien n’a changé, affirme Piercamillo Davigo, président de de l’Association nationale italienne des magistrats, dans le journal Corriere dell Sera.

Selon lui, la corruption s’est aggravée en Italie. Davigo insiste en outre sur le dépit d’une opinion publique qui estime que plus rien ne peut changer.

L’opération Mano pulite, lancée par un groupe de 5 magistrats – Antonio di Pietro, Piercamillo Davigo, Francesco Greco, Gherardo Colombo et Ilda Boccassini – a fait grand bruit. Cette enquête a permis de démanteler de vastes réseaux et de révéler les liens suspects et criminels entre la sphère politique et les milieux économiques.

Image

Les actions en justice ont alors conduit à l’arrestation de 3.000 personnes et 1.200 personnes ont pu être condamnées. Ces opérations ont ruiné plusieurs carrieres politiques, mais n’ont pas éliminé la corruption, selon Piercamillo Davigo.

Selon des estimations rapportées par Les Echos, la malhonnêteté au sein des fonctionnaires, dans le milieu politique et dans la population aboutit à une évasion fiscale annuelle de 120 milliards d’euros qui doivent être additionnés à 60 milliards d’euros dus à la corruption.

En Italie, au cours des trois dernières années, la corruption a augmenté de 74%. Si l’Italie présentait le même niveau moral que l’Allemagne, le revenu annuel par habitant augmenterait de 10.607 euros par an, estimait récemment Lucio Picci, professeur d’économie politique à l’Università di Bologna.

« Ce chiffre ne tient pas compte des milliards d’euros d’investissements étrangers que l’Italie a perdu à cause de la mauvaise image du pays. »

Pour Piercamillo Davigo, une législation plus stricte devrait être votée, un ensemble de règles similaires à celles appliquées à la mafia. Toutefois, une modification des lois donnera peu de résultats si un changement de conscience civique n’a pas lieu, conclut-il.