La progression inattendue du Covid-19 en Chine remet à nouveau en question toutes les prévisions de croissance économique. Cela pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble de l’économie mondiale.
Quelle est la situation actuelle du coronavirus en Chine ?
- La situation est comparable à celle d’avril 2022, lorsque la métropole Shanghai s’est verrouillée et que les habitants ont lancé des cris d’alarme à propos de la répression du gouvernement sur les réseaux sociaux.
- Le nombre de nouvelles infections par jour (plus de 31.000 mercredi dernier) est encore plus élevé qu’à l’époque (plus de 29.000). Mais par rapport à la population totale de 1,4 milliard d’habitants, ces chiffres restent faibles.
- La différence majeure semble être que les infections au Covid-19 enregistrées à l’époque l’ont été principalement dans la région de Shanghai et qu’aujourd’hui elles sont enregistrées dans de plus grandes parties du pays. Ces derniers jours, les regards se sont tournés vers la capitale, Pékin, où les autorités ont imposé un sévère confinement.
Comment le gouvernement chinois réagit-il ?
- Il y a quinze jours, il a été question d’assouplir la politique chinoise du « zéro COVID », très discutée, qui repose sur un plan en 20 points. Mais les nouvelles vagues de contamination menacent de retarder l’assouplissement.
- Le plan en 20 points exige que les autorités locales suivent strictement les ordres centraux. Mais dans la pratique, la propagation géographique plus large du virus fait qu’il est plus difficile pour Pékin de tout gérer avec l’approche descendante habituelle.
- Des rapports font état d’applications très différentes au niveau local des nouvelles directives – avec des formes variées de verrouillage – provoquant une certaine confusion au sein de la population.
Qu’est-ce que cela signifie pour l’économie chinoise ?
- Les récentes tensions sociales chez le fabricant d’iPhone Foxconn, où des travailleurs infectés sont bannis sans ménagement, illustrent comment l’appareil manufacturier chinois peut être affecté.
- Elle sera attentive à la mesure dans laquelle les « systèmes en circuit fermé » comme ceux de Foxconn fonctionneront dans la pratique. Cela implique que le personnel vive en permanence dans l’usine, sans contact avec le monde extérieur.
- La société boursière Nomura a calculé que les derniers blocages touchent plus d’un cinquième de l’économie chinoise.
- Le groupe de réflexion Oxford Economics estime que la perturbation de l’industrie manufacturière chinoise sera finalement limitée, mais s’attend à un impact plus important sur la consommation chinoise. La fatigue due au coronavirus et la restriction de la liberté de mouvement pourraient faire baisser les dépenses des ménages.
- Si le ralentissement est similaire à celui du deuxième trimestre (le choc de Shanghai), la croissance économique de la Chine n’atteindra pas plus de 3 % cette année, mais seulement 2 à 2,5 %, indiquent les modèles de prévision d’Oxford Economics. C’est très peu par rapport aux normes chinoises.
- Les économistes craignent que l’effet corona reste un problème important en Chine l’année prochaine également. De manière significative, des rapports font déjà état d’une annulation probable de la course de F1 à Shanghai, prévue pour avril 2023.
Quelles sont les implications pour l’économie mondiale ?
Les problèmes de l’économie chinoise, la deuxième du monde après celle des États-Unis, se répercutent sur le reste de la planète de plusieurs manières :
- S’il devait y avoir de nouvelles perturbations majeures des usines et des ports chinois, comme ce fut le cas en avril, cela pourrait ralentir les livraisons de matériaux, de machines et de pièces vers l’Europe et ailleurs.
- La baisse de la demande chinoise est évidemment aussi une mauvaise nouvelle pour les marques étrangères, par exemple les grands constructeurs automobiles européens.
- Mais il y a aussi une bonne nouvelle : la baisse de la demande chinoise entraîne une baisse des prix du pétrole, ce qui profiterait à l’Europe dans la crise énergétique actuelle.
(JM)