Principaux renseignements
- Israël restreint l’accès au passage de Rafah à Gaza, empêchant ainsi des milliers de Palestiniens gravement malades de se rendre à l’étranger pour y recevoir des soins médicaux essentiels.
- Le ministère de la Santé de Gaza condamne les pratiques d’Israël au poste de contrôle qu’il qualifie de violation des droits humains et du droit international.
- Il est nécessaire d’ouvrir le passage de Rafah et permettre aux patients et aux blessés de se déplacer sans restriction afin de faire face à la grave crise humanitaire qui sévit à Gaza.
La crise sanitaire à Gaza s’aggrave, alors que plus de 20 000 Palestiniens malades et blessés attendent l’autorisation de se faire soigner à l’étranger. Israël maintient un contrôle strict sur le point de passage frontalier de Rafah avec l’Égypte. C’est le seul passage pour les Gazaouis qui cherchent à obtenir des soins spécialisés indisponibles dans le territoire assiégé.
Accès limité aux traitements
Bien qu’Israël ait rouvert le côté palestinien du passage frontalier le 2 février, les déplacements restent fortement restreints. Le ministère de la Santé de Gaza souligne que le nombre limité de voyageurs autorisés à passer est disproportionné par rapport aux immenses besoins médicaux à Gaza. De nombreux patients souffrent d’un cancer avancé, de maladies cardiaques et d’insuffisance rénale. Ils ont besoin de traitements urgents inaccessibles dans la région bloquée.
Pour compliquer encore la situation, les Gazaouis blessés ont besoin d’interventions chirurgicales complexes. Ils ne peuvent pas bénéficier de ces soins en raison du blocus permanent. Les attaques répétées contre les infrastructures de santé de Gaza aggravent également ce problème. Le ministère a recueilli les témoignages poignants de patients qui ont réussi à partir se faire soigner à l’étranger. Ces patients ont décrit les mesures restrictives prises par Israël. Selon eux, ces mesures ont exacerbé leurs souffrances, tant physiques que psychologiques.
Allégations d’abus et d’intimidation
Les rapports des personnes de retour, confirmés par le Bureau des droits de l’homme des Nations unies dans les territoires palestiniens occupés, détaillent des rencontres avec des hommes palestiniens armés qui seraient soutenus par l’armée israélienne. Ces individus auraient escorté les voyageurs jusqu’à un poste de contrôle israélien. À ce poste, certains ont été menottés et les yeux bandés. Ils ont également été fouillés et menacés. Leurs effets personnels ont été confisqués.
Deux organisations israéliennes de défense des droits humains, Adalah et Gisha, ont condamné ces pratiques. Elles les qualifient d’« abus » et de « restrictions illégales ». Elles ont également appelé à mettre fin à ce qu’elles considèrent comme un « déplacement forcé ». Le ministère de la Santé de Gaza souligne l’urgence d’un accès sans restriction à Rafah. Il avertit que le maintien des restrictions menace la vie de milliers de personnes. Selon lui, ces restrictions aggravent également la crise humanitaire. La ministère demande l’ouverture permanente du passage, afin de permettre aux patients et aux blessés de se déplacer librement et sans délai. Il demande l’évacuation immédiate des cas critiques. Il réclame également une augmentation du nombre de voyageurs en fonction des besoins médicaux croissants.
Le ministère appelle les organisations internationales et humanitaires à intervenir afin de garantir le droit des patients à se faire soigner et à voyager en vertu du droit international. Les responsables palestiniens estiment que 80 000 personnes se sont inscrites pour retourner à Gaza. Ils soulignent une réticence généralisée à être déplacées malgré les destructions massives.
Histoire de restrictions de mouvement
Avant le récent conflit, des centaines de Palestiniens traversaient quotidiennement Rafah dans les deux sens. Ce passage se faisait dans le cadre d’un système géré par le ministère de l’Intérieur de Gaza et les autorités égyptiennes. Il n’y avait alors aucune implication directe d’Israël. Malgré un accord de cessez-le-feu stipulant la réouverture complète du passage le 10 octobre, Israël n’a toujours pas respecté son engagement.
Ce cessez-le-feu a suivi près de deux ans de guerre qui ont débuté le 8 octobre 2023, faisant plus de 72 000 morts et plus de 171 000 blessés parmi les Palestiniens. Le conflit a également causé des destructions massives. Environ 90 pour cent des infrastructures civiles ont été touchées. Les coûts de reconstruction sont estimés à 70 milliards de dollars par les Nations unies.
Malheureusement, depuis le cessez-le-feu, au moins 601 Palestiniens ont été tués, plus de 1 600 blessés lors d’attaques israéliennes, selon le ministère de la Santé de Gaza.
(JW)
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