« Operation Red Meat » : comment Boris Johnson compte sauver sa peau

Le Premier ministre britannique a mis une stratégie en place pour se maintenir au 10 Downing Street.

Ce que l’on nomme au Royaume-Uni le « Partygate » pourrait coûter cher à Boris Johnson. Celui qui voulait se rendre sympa comme Premier ministre aux yeux des Britanniques – ses gaffes et son humour faisant partie du personnage – a sans doute poussé le bouchon un peu trop loin, en se joignant à une série de fêtes qui se sont déroulées alors que les citoyens étaient priés de rester chez eux, confinés. Certains d’entre eux n’ont même pas pu vivre aux côtés de leur proche dans les derniers instants de leur vie. La sortie de route de trop pour Boris Johnson.

Sauf que le Premier ministre a un plan pour s’extirper de cette séquence désastreuse. D’abord en expliquant que Downing Street a toujours eu cette « culture » de l’alcool, et que l’organisation de ces fêtes improvisées ne venait pas du sommet de l’État. Une enquête est actuellement en cours.

Samedi, le Mirror expliquait que chaque vendredi, les employés de Downing Street avaient pour habitude d’achever leur semaine en trinquant un verre, une tradition de longue date qui a perduré malgré les restrictions dues à l’épidémie. Une simple série « d’évènements de travail ».

Mesures-chocs

D’autre part, Boris Johnson compte annoncer une série de mesures qui devraient taper dans l’oeil de son électorat. Nom de code: « Operation Red Meat » (ou opération « os à ronger »), écrit The Times of Sunday.

  • Le gel puis l’abolition en 2027 de la redevance finançant la TV publique britannique, la BBC. Cette réforme n’est pas neuve, mais son annonce tomberait bien. La chaine britannique est accusée par les conservateurs de délivrer un message trop politisé en leur défaveur. Comme une impression de déjà-vu.
  • Déployer l’armée et la Royal Navy pour arrêter le flux de migrants depuis la Manche. Les migrants seraient priés de clarifier leur dossier dans des pays annexes comme le Rwanda ou le Ghana avec qui le Royaume-Uni envisage de passer des accords.
  • Enfin, si le variant Omicron le permet, une levée des restrictions est attendue pour le 26 janvier.

Boris Johnson entend séduire son électorat, mais aussi ses députés. Ils sont désormais 6 députés conservateurs à avoir déclaré publiquement qu’ils voulaient la tête du Premier ministre sans attendre les résultats de l’enquête.

L’avenir de Boris Johnson à la tête du 10 Downing Street dépend de ces députés conservateurs. Accordent-ils encore du crédit à leur chef de file ? Est-il encore capable de le faire gagner des élections ? C’est cette question plus que le comportement du Premier ministre qui sera dans la balance du côté des Tories.

Vuk Valcic / SOPA Images//SOPAIMAGES/Isopix

En attendant, Boris Johnson fait profil bas, a exprimé ses regrets et ses excuses devant le Parlement, et doit maintenant prouver que les fêtes à Downing Street sont plus liées à la culture locale qu’à son influence directe. À moins que le Premier ministre soit rattrapé par la culture du mensonge, écrit ce matin Le Monde, dans un édito.

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