Ces trois villes ont déjà intégré les robots à leur écosystème urbain

Les robots s’immiscent peuà peu dans les zones urbaines du monde entier. Cette quatrièmerévolution industrielle pilotée par les machines concerne maintenant tous les espaces urbains. Cette technologie est censée générer des opportunités et répondre aux défis d’un point de vue économique, social,politique et sanitaire, écrit Mateja Kovacic, chercheuse del’Université de Sheffield, membre de l’équipe Urban Automation andRobotics.  

« Nos villes sontdevenues trop grandes à gérer pour les humains. Actuellement, denombreuses villes servent de terrain d’essai pour que lesgouvernements nationaux et locaux testent le déploiement de robotsau sein d’espaces sociaux. Qu’il s’agisse des voitures autonomes, depharmaciens automatisés, de robots de service dans les magasinslocaux ou de drones autonomes livrant les colis d’Amazon, les villessont maintenant automatisées à un rythme soutenu », explique Kovacic sur The Conversation.

Des métropoles telles queSéoul, Tokyo, Shenzhen, Singapour, Dubaï, Londres et San Franciscoexpérimentent actuellement les voitures autonomes. Les ports et lesentrepôts sont également de plus en plus robotisés et automatisés.Les systèmes de contrôle automatisés surveillent, régulent etoptimisent les flux de trafic. Les fermes verticales automatiséesinnovent dans la production alimentaire au sein des zones urbainesnon agricoles du monde entier. Les nouvelles technologies de santémobiles permettent aux soins de santé de sortir de la zone deshôpitaux. Des robots sociaux sous diverses formes – des policiersaux serveurs de restaurants – apparaissent dans les espaces publicset commerciaux urbains.

La chercheuse a fournitrois exemples de villes qui ont déjà intégré pleinement lesrobots.

Tokyo: la ville dufutur

Les principaux objectifsde la robotisation au Japon concerne la redynamisation économique,l’image de marque culturelle et la démonstration internationale.Dans ce sens, les Jeux olympiques de 2020 serviront de banc d’essaipour influencer les technologies mondiales dans ce domaine. Durant cet événement, des taxis-robots transporteront les touristes àtravers la ville, des fauteuils roulants intelligents accueillerontles paralympiens à l’aéroport et des robots de service omniprésentsse chargeront de l’accueil des clients dans plus de 20 langues. « Tokyo nous montre à quoi ressemble le processus de créationd’une ville robotisée contrôlée par l’Etat », explique Kovacic.

Singapour: la ville intelligente 

Son gouvernement teste les robots avec un objectifdifférent : les machines deviennent des extensions physiques desystèmes existants afin d’améliorer la gestion et le contrôle dela ville. À Singapour, le discours national techno-futuristeconsidère que les robots sont des extensions naturelles del’écosystème urbain intelligent existant. Ainsi, on y trouve déjàdes robots de livraison autonomes et des navettes de bus sansconducteur. Parallèlement, les hôtels de Singapour emploient desrobots de service subventionnés par l’État pour nettoyer leschambres et fournir du linge et d’autres articles. Dans lesétablissements préscolaires, des robots sont également testéspour l’éducation de la petite enfance. La santé et les servicessociaux de Singapour sont l’une des industries les plus dynamiques dusecteur de l’automatisation au monde.

Dubaï: la ville heureuse 

Dubaï est un autreprototype émergent de ville intelligente contrôlée par l’État.Mais au lieu de voir la robotisation comme un simple moyend’améliorer le fonctionnement des systèmes, Dubaï est en train derobotiser intensivement ses services publics dans le but de créer la « ville la plus heureuse sur Terre ». L’expérimentationde robots urbains à Dubaï montre que les régimes autoritaires sontcapables de trouver des moyens novateurs pour utiliser les robotsdans les services publics, les transports, la police et lasurveillance.

En septembre 2017, un vold’essai de taxi volant mis au point l’entreprise allemande de dronesVolocopter a eu lieu à Dubaï. La ville souhaite automatiser 25% deson système de transport d’ici 2030. Par ailleurs, Dubaï testeégalement le policier humanoïde de PAL Robotics et le véhicule OUTSAW conçu à Singapour. Le gouvernementenvisage également de robotiser 25% de ses forces de police d’ici2030.

« Ces troislaboratoires urbains de vie robotique nous aident à comprendre quelgenre d’avenir est créé et par qui. Qu’il s’agisse de Tokyo l’hyper-robotisée, de Singapour la ville intelligente ou de Dubaï, lamétropole heureuse sans criminalité, ces exemples nous montrentque, quel que soit le contexte, les robots sont perçus comme desmoyens d’atteindre un avenir mondial basé sur une imaginationnationale spécifique. Ils montrent le rôle de l’État dans lavision et dans la création de l’avenir », conclut MatejaKovacic.