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Carnaval d’Alost: après la polémique, la crise politique…

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Politique

24/02/2020 | Baptiste Lambert | 6 min de lecture

Hadrien Dure / Isopix

Les craintes étaient donc justifiées. Sorti du patrimoine mondial de l’Unesco et cible du ministre des Affaires étrangères israélien, le carnaval d’Alost a suscité une nouvelle polémique sur fond d’antisémitisme. En réaction aux menaces de censure, certains chars alostois sont allés beaucoup trop loin. De quoi lancer une autre polémique, politique celle-là.

La ville d’Alost et les Alostois sont connus pour leur sens de l’autodérision et leur esprit de rébellion. Leur carnaval caricature souvent les politiques et met en lumière leur sens de la provocation. Theo Francken (N-VA) en chasseur de migrants, Gwendolyn Rutten (Open VLD) en schtroumpfette, Boris Johnson qui se fait botter les fesses par la reine d’Angleterre…

Depuis plusieurs années, certains Alostois caricaturent également des juifs. Dans la même veine que les caricatures du prophète Mahomet, les fêtards entendent pouvoir se moquer de tout le monde.

Mais depuis l’année dernière, certaines caricatures ne passent plus. La polémique a poussé l’Unesco à retirer l’événement de son patrimoine immatériel et a créé un début de crise diplomatique entre la Belgique et Israël.

Depuis hier, la polémique a franchi un nouveau cap et se retrouve dans toute la presse internationale. Il faut dire que certaines caricatures ont été beaucoup trop loin: nez crochus, grandes oreilles, certains juifs ont été représentés en vermines, d’autres ont trouvé de bon goût de s’habiller en SS ou de distribuer des étoiles juives. Pour ce dernier point, c’est l’oeuvre de Michel Van Brempt, conseiller communal de Forza Aalst, le nom de liste locale du Vlaams Belang, parti d’extrême droite.

De nombreux internautes ont fait remarquer les similitudes avec certains clichés de l’époque nazie. On peut rire de tout, mais cela n’empêche pas le respect et une certaine subtilité.

Les politiques prennent le relais

C’est en résumé le communiqué du MR et de son président Georges-Louis Bouchez pour qui ‘l’humour est une qualité essentielle qui plait particulièrement et est indispensable dans une société afin d’en dédramatiser les moments de tension. Mais l’humour requiert de la finesse et du respect en toutes circonstances.’ Pour la Première ministre, Sophie Wilmès, la liberté d’expression ‘évolue dans un cadre légal précis qui vise à protéger les individus du racisme, de l’antisémitisme et des autres discriminations’. Elle estime donc que la justice pourrait prendre des mesures.

La coprésidente d’Ecolo, Rajae Maouane, n’a pas mâché ses mots et a clairement parlé de ‘manifestations racistes’ quand Ahmed Laoueej, chef du PS à la Chambre, demandait des comptes au ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V). Paul Magnette y est allé aussi de son commentaire: ‘Le carnaval est libérateur, sauf quand il libère la haine et le mépris. Oui à la dérision, non aux insupportables clichés antisémites.’

Il n’en fallait pas plus pour lancer Theo Francken (N-VA) qui voyait là une attaque en ligne des francophones contre une partie du patrimoine flamand. Nouvelle polémique sur les réseaux sociaux par comptes Twitter interposés.

La ville est dirigée par le N-VA, Christoph D’Haese qui se refuse à plier sous la pression, de Bart Somers notamment (Open VLD). Son échevin, Karim Van Overmeire, provient du Vlaams Belang et en a rédigé le programme. Bart De Wever (N-VA) reste lui silencieux. D’abord car il est au ski, ensuite car il est le bourgmestre d’Anvers, dont la communauté juive est importante et influente. Ses pressions en amont contre le bourgmestre d’Alost n’ont eu aucun effet.

Internationale

A l’étranger, la polémique se retrouve dans le New York Times et dans le Guardian, mais aussi dans la bouche du socialiste français Raphaël Glucksmann pour qui les fêtards sont des ‘dégénérés’. Le puissant comité juif américain (AJC) a demandé que l’Union européenne se saisisse du dossier et ouvre une enquête.

Pour sûr, les Alostois vont devoir faire preuve de plus de subtilité lors des prochaines éditions, sans quoi la polémique deviendra certainement une crise diplomatique de grande ampleur et véhiculera une très mauvaise image de la ville.

Source: BusinessAM


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