Principaux renseignements
- Une campagne en ligne coordonnée sur Telegram diffuse des messages en faveur de Viktor Orbán à l’approche des élections en Hongrie.
- Cette initiative, principalement menée par des créateurs de contenu russes, diffuse de la désinformation sur l’UE et le chef de l’opposition Peter Magyar.
- Telegram sert d’« incubateur » à ces discours, qui se propagent ensuite vers d’autres plateformes de réseaux sociaux comme Facebook et TikTok.
Des chercheurs de Vox Harbor, une société d’analyse de données, ont mis au jour des preuves d’une campagne en ligne coordonnée visant à promouvoir des discours favorables à Viktor Orbán sur Telegram à l’approche des élections législatives hongroises. L’étude, partagée en exclusivité avec Reuters, a révélé qu’une part importante de ce contenu pro-Orbán provient de créateurs de contenu russes ou affiliés à la Russie. C’est ce que rapporte Reuters.
Effort de communication coordonné
Les chercheurs ont identifié des cas où des phrases identiques sont apparues simultanément sur plusieurs chaînes Telegram, ce qui suggère un effort de communication orchestré. Cela corrobore les accusations de l’opposition hongroise, qui affirme qu’Orban et son parti, le Fidesz, se sont livrés à une vaste campagne de désinformation utilisant les médias traditionnels, les réseaux sociaux et même du contenu généré par l’IA pour semer la peur quant aux conséquences potentielles d’une victoire de l’opposition menée par Peter Magyar.
Orban et ses partisans soutiennent qu’ils ne font que présenter des informations factuelles aux électeurs hongrois, tout en accusant leurs adversaires de bénéficier d’une campagne de propagande soutenue par Bruxelles. Les gouvernements occidentaux ont déjà accusé Moscou de mener des opérations d’influence secrètes pour manipuler les résultats électoraux en sa faveur, allégations que le Kremlin a toujours niées.
Telegram, un ‘incubateur’
Bien que Telegram soit moins populaire en Hongrie que des plateformes telles que Facebook et TikTok, l’étude de Vox Harbor suggère qu’il sert d’ ‘incubateur’ pour les discours pro-Orbán, qui se propagent ensuite vers d’autres réseaux sociaux. Une analyse des contenus sur Facebook et Twitter réalisée par Reuters a révélé de nombreuses publications reprenant les thèmes, voire les titres, observés sur Telegram.
Peter Kreko, directeur du groupe de réflexion hongrois Political Capital, a confirmé l’existence d’un comportement coordonné et de discours identiques sur des plateformes telles que TikTok et Facebook. Il a noté qu’une grande partie de ce contenu semblait être d’origine russe, simplement traduit pour un public hongrois.
Discours récurrents
L’étude de Vox Harbor, basée sur l’analyse de plus de 628 000 messages provenant de plus de 30 000 groupes jusqu’au 7 avril, a révélé des discours récurrents faisant écho aux propres arguments d’Orbán. Il s’agissait notamment d’affirmations selon lesquelles l’UE chercherait à porter atteinte à la souveraineté de la Hongrie, que des forces extérieures viseraient à entraîner la Hongrie dans la guerre entre l’Ukraine et la Russie, et que les dirigeants pro-UE à Kiev comploteraient contre Orbán.
Un thème récurrent mis en évidence par l’étude était l’idée que les forces anti-Orbán pourraient tenter de manipuler les résultats des élections pour lui refuser la victoire. Une vérification indépendante menée par Reuters a confirmé la présence généralisée de ces discours sur les chaînes Telegram hongroises.
L’étude a identifié Uncut-News.ch, une plateforme de droite en langue allemande, comme la principale source de messages au sein de l’écosystème Telegram hongrois, sur la base de la fréquence de partage des messages. Les six sources suivantes les plus importantes étaient toutes liées à la Russie, notamment Ukraina.ru, une branche du groupe médiatique d’État russe Rossiya Segodnya. Des contenus traduits et sélectionnés provenant de sources externes affluent dans la sphère Telegram hongroise par l’intermédiaire de divers opérateurs. Un exemple notable est une chaîne intitulée ‘Russians on the Side of Truth’, qui s’inspire largement de la branche hongroise de Rybar, un blogueur étroitement lié à l’armée russe.
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