BRICS organise son premier exercice militaire naval dirigé par la Chine : la Russie et l’Iran participent, l’Occident s’inquiète


Principaux renseignements

  • La Chine dirige l’exercice naval inaugural des BRICS au large de l’Afrique du Sud, démontrant ainsi son influence militaire croissante.
  • L’exercice, auquel participent les marines de pays BRICS+, comme la Russie et l’Iran, vise à renforcer la sécurité et la coopération maritimes.
  • Cet événement signale un changement dans la dynamique du pouvoir mondial, les BRICS cherchant à contester l’hégémonie des États-Unis et à se tailler leur propre place sur la scène mondiale.

La semaine prochaine, les eaux au large de l’Afrique du Sud seront le théâtre d’un exercice naval conjoint inédit mené par la Chine, marquant le premier exemple de coopération en matière de défense dans le cadre des BRICS. L’exercice, baptisé « Will for Peace 2026 », devrait se dérouler du 9 au 16 janvier et impliquer les marines des pays du groupe BRICS+.

Expansion de la coopération maritime

Si les forces de défense nationales sud-africaines ont confirmé le rôle de chef de file de la Chine, elles n’ont pas précisé quels autres pays participeraient à l’événement. Les médias indiquent que la Russie et l’Iran sont des participants probables, et que l’Indonésie et l’Éthiopie devraient également se joindre à l’exercice. L’exercice vise à renforcer la sécurité maritime par des opérations conjointes, des exercices d’interopérabilité et des exercices de protection maritime.

Cet exercice s’appuie sur l’héritage de l’exercice Mosi, précédemment mené par la Chine, l’Afrique du Sud et la Russie en 2019 et 2023. Initialement prévu pour novembre 2025, l’exercice a été reporté pour éviter de coïncider avec le sommet du Groupe des 20 (G20) qui s’est tenu à Johannesburg.

Les BRICS sur la scène mondiale

Le groupe BRICS, qui comprenait à l’origine le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, s’est élargi en 2024 à l’Iran, l’Égypte, l’Éthiopie et les Émirats arabes unis. L’Indonésie a rejoint le groupe en 2025, devenant ainsi le premier membre d’Asie du Sud-Est. En outre, en 2024, le BRICS a accordé le statut de partenaire au Bélarus, à la Bolivie, à Cuba, au Kazakhstan, à la Malaisie, au Nigeria, à la Thaïlande, à l’Ouganda et à l’Ouzbékistan. Le Vietnam est devenu le dixième partenaire en 2025.

Bien que principalement axés sur la coopération économique, les BRICS ont commencé à jouer un rôle plus important dans les affaires géopolitiques.

L’influence grandissante de la Chine

Le leadership de la Chine dans cet exercice naval souligne son ambition de positionner les BRICS comme une plateforme permettant au Sud global de défier l’hégémonie américaine. Cette évolution coïncide avec l’escalade de la rivalité entre les États-Unis et la Chine, suscitant des inquiétudes à Washington et en Europe. Le président Donald Trump a menacé de sanctions commerciales si les BRICS prenaient des mesures pour supplanter la domination du dollar américain.

La Chine a déjà déployé son destroyer à missiles guidés de type 052DL, le Tangshan, et son navire de ravitaillement, le Taihu, pour l’exercice. Ces navires font partie de la force d’escorte navale chinoise dans le golfe d’Aden et ont récemment fait l’objet d’une maintenance à Mombasa, au Kenya, avant de se diriger vers le sud.

Des rapports indiquent également que l’Iran et la Russie ont envoyé des navires de guerre en Afrique du Sud cette semaine.

La participation de l’Iran 

Les analystes soulignent l’importance de la participation de l’Iran, compte tenu des tensions accrues avec les États-Unis à la suite des frappes aériennes sur les sites nucléaires iraniens en juin 2025. Le changement de nom des exercices en tant qu’événement des BRICS les distingue encore plus des exercices précédents menés par la Chine, l’Afrique du Sud et la Russie.

Les experts considèrent que cet exercice s’inscrit dans une tendance plus large d’expansion de l’engagement militaire chinois à l’échelle mondiale. Le fait d’opérer avec diverses forces étrangères renforce la capacité opérationnelle de la Chine et favorise l’interopérabilité avec les partenaires sélectionnés.

La neutralité de l’Afrique du Sud

Certains analystes craignent que l’élargissement de l’exercice conjoint ne compromette les prétentions de neutralité de l’Afrique du Sud et ne mette à mal ses relations avec les pays occidentaux. L’Alliance démocratique, un parti de la coalition gouvernementale sud-africaine, avertit que le fait d’accueillir des États sanctionnés comme l’Iran risque d’aliéner des partenaires commerciaux occidentaux clés.

En outre, le professeur François Vrey de l’université de Stellenbosch suggère que la conduite d’exercices conjoints avec des nations sanctionnées pourrait détériorer davantage les relations déjà tendues de l’Afrique du Sud avec les États-Unis, en particulier après le retour du président Trump à la Maison-Blanche et les différends sur la réforme agraire, le gel des aides et le commerce. (uv)

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