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Brexit: l’impréparation du ministre des Transports britannique consterne les patrons d’entreprises de transport routier

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Politique

16/08/2018 | Audrey Duperron | 5 min de lecture

Au Royaume-Uni, des patrons d’entreprises du transport routier ont rencontré le ministre des Transports britannique, Chris Grayling, pour préparer l’après brexit. Ils ont été stupéfaits par le manque de préparation du ministre, relate le Telegraph.

En particulier, ils ont été déconcertés par le manque de connaissances du ministre de leur secteur. Chris Grayling est un conservateur partisan du brexit, qui a été nommé ministre des Transports peu après la nomination de Theresa May au poste de Premier ministre en 2016.

« Il m’a regardé comme si je parlais une autre langue »

Monsieur Hopper a décrit la réaction du ministre lorsque lui et ses collègues ont tenté d’expliquer les conséquences très préjudiciables pour le secteur des transports routiers britanniques d’un Brexit sans accord, un “no-deal brexit”. En particulier, ils ont rappelé que dans cette hypothèse, leur licence et leur qualification professionnelle ne seraient plus reconnues, ce qui signifie qu’ils n’auraient plus le droit de rouler sur les routes du Vieux Continent. Le ministre “m’a regardé comme si je parlais une autre langue”, relate Hopper.

Pour clarifier ses propos, celui-ci a donc produit une copie d’un document prélevé sur le site Internet de la Commission européenne, précisant ce qui se produirait en cas de sortie du Royaume-Uni de l’UE sans accord. Ce document semblait être totalement inconnu de Grayling et de ses assistants.

« La création d’une zone d’attente à Douvres ne rendra service qu’aux particuliers et aux touristes »

Les patrons des entreprises de transport ont ensuite évoqué une proposition du gouvernement britannique visant à créer une “zone d’attente”, en pratique un gigantesque parc de stationnement pour les camions à Douvres en prévision des contrôles douaniers qui devront être rétablis dès le premier jour du Brexit. Elle permettrait notamment d’éviter les bouchons sur l’autoroute M20, qui relie Londres au Tunnel sous la Manche. Selon les transporteurs, cette mesure bloquerait les routiers pendant des jours et des jours, coûterait une fortune aux entreprises de transport, et son seul bénéfice serait de fluidifier le trafic pour les particuliers et les touristes. “Le parc de stationnement pour camions serait rempli en une demi-journée”, a expliqué Hopper.

Le port de Douvres avertit que 2 minutes de contrôle supplémentaire sur chaque camion dans la ville portuaire anglaise pourraient se solder par environ 27 km de bouchons.

Lorsque Hopper a demandé au ministre comment il comptait régler ce problème, celui-ci lui a demandé benoîtement : “Pourriez-vous me suggérer quelque chose ?”. “Ils n’ont aucune idée de la manière dont le secteur fonctionne sur le plan opérationnel”, a déploré le chef d’entreprise.

Après le Brexit, les licences communautaires seront caduques

Grayling a ensuite proposé aux transporteurs de conclure des contrats avec des entreprises domestiques, et de se cantonner au transport au sein du Royaume-Uni, pour pallier leur future incapacité à rouler sur les routes européennes. Cette proposition a interloqué les patrons des firmes de transport, “car au terme d’années successives de migration en provenance de l’Union européenne, les chauffeurs-routiers des routes britanniques ont été supplantés par les chauffeurs moins chers des pays d’Europe de l’Est tels que la Roumanie, la Bulgarie et la Pologne”, explique le Telegraph.

Les firmes de transport se sont également inquiétées du fait que lorsque le Brexit sera acté, les licences communautaires de leurs poids-lourds seraient caduques, ce qui implique qu’elles ne pourront plus passer les postes de douane de l’Union européenne en seulement quelques minutes, et qu’elles devront recourir au système oblige les chauffeurs-routiers à présenter une des autorisations CEMT pour circuler en Europe.

Les autorisations CEMT (pour “Conférence européenne des ministres des transports) sont des licences multilatérales délivrées dans le cadre du Forum international des transports/ l’OCDE aux entreprises de transport des pays adhérents au système pour le transport international de marchandises sur routes et qui fonctionnent sur la base d’un système de quotas. Ces autorisations ne sont valables qu’une année et ne portent que sur un nombre plafonné de voyages. Actuellement, seulement 1224 de ces permis CEMT ont été délivrés au bénéfice du Royaume-Uni. C’est très insuffisant, si l’on songe que 38 000 camions britanniques se rendent en Europe chaque année.

La « pensée magique » du Brexit en action ?

Le ministère a répondu qu’il cherchait à négocier avec les pays membres de l’UE individuellement pour obtenir ces autorisations. Le patron de la Road Haulage Association, Richard Burnett, a objecté que ces permis ne couvraient qu’un seul transport et qu’il était peu probable que le gouvernement parvienne à en négocier suffisamment d’ici mars 2019. “Et comme à ce stade, l’UE ne permet pas aux États membres de négocier des autorisations bilatérales, nous n’en aurons aucun”.

Un porte-parole du ministère des Transports britannique a par la suite déclaré : “Nous sommes confiants que nous conclurons un accord avec l’UE qui permettra de maintenir les mêmes niveaux d’accessibilité pour le transport commercial, et qui permettra aux 2 parties de garantir leurs bénéfices après le Brexit”.


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