Bientôt un cordon sanitaire contre le PTB?

Le cdH et Benoît Lutgen mène la fronde contre le PTB à quelques mois des élections communales en Belgique. Le président du parti humaniste se refuse d’imaginer des alliances avec le parti d’extrême-gauche, ouvrant la porte à un cordon sanitaire qui ne déplaît pas à tous les partis wallons…

S’imaginer gouverner avec le PTB, c’est non pour le cdH et Benoît Lutgen. C’est ce qu’explique le président du parti humaniste dans le Soir: « Même si le racisme distingue l’extrême droite de l’extrême gauche, pour nous, il est exclu de gouverner avec un parti extrémiste ». Et Lutgen d’ajouter : »Le code de déontologie interne est très clair. Nos valeurs sont incompatibles ». Pourquoi brocarder le PTB de la sorte? « C’est un parti marxiste, pur jus, absolument pas débarrassé des fondements idéologiques d’extrême gauche, qui veut instaurer une société non démocratique ». Voilà qui est dit.

Le PS, seul vote utile à gauche?

De là à proposer un cordon sanitaire, comme avec l’extrême-droite, cela ne fait pas peur à Lutgen et au cdH. Surtout que le parti humaniste n’est pas tout seul dans cette lutte. « Nous ne conclurons pas d’accord avec le PTB, ni avec la N-VA, ni avec le PP ou un parti d’extrême droite. Mais il n’y a pas de risque, je n’ai aucune crainte », affirme Olivier Maingain, le président de Défi. Même son de cloche du côté du MR: « On estime qu’il n’est pas possible de gouverner avec eux », fait-on savoir du côté du parti de Charles Michel dans les colonnes du Soir toujours.

Ecolo ne veut pas commenter la prise de position de Lutgen, tandis qu’au PS, on se frotte les mains de voir les autres partis wallons s’élever contre le PTB, ce qui lui permettrait de grappiller des voix à l’extrême-gauche: « Actuellement, on constate que le PTB est réticent à l’idée de participer au pouvoir. Les citoyens qui souhaitent un vote de gauche qui soit utile pour diriger leur commune ont donc tout intérêt à choisir le PS ».

Mais ce possible cordon sanitaire ne fait pas trembler Raoul Hedebouw, le porte-parole du PTB, qui préfère répondre aux attaques de Benoît Lutgen: « C’est grave de la part d’un président de parti, qui se ferme au débat démocratique, et jette des anathèmes. M. Lutgen est dans la logique du ni-ni, ni gauche, ni droite, laquelle, en réalité, comme on le sait, veut juste dire ni gauche. » L’ambiance est déjà électrique alors que les élections communales n’auront lieu qu’en octobre…