Bientôt un carburant aviation totalement issu de l’air ?

Des avions de ligne attendent leur tour sur la piste pour décoller
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Le transport aérien produit 3 à 5 % des émissions mondiales de CO2, et avec son essor, elles devraient encore augmenter. Pour remédier à cette pollution, plusieurs entreprises planchent sur des alternatives propres au kérosène fossile. SkyNRG, une startup basée à l’aéroport de Rotterdam, propose une solution radicale : produire du carburant aviation à partir de l’air.

Oskar Meijerink, fondateur de  SkyNRG, explique que l’usine pilote de son entreprise capte le CO2 de l’air ambiant grâce à une technologie de captage direct de l’air fournie par Climeworks. En parallèle, elle électrolyse de l’eau pour en séparer les deux composants, l’oxygène et l’hydrogène. Ce dernier est alors mélangé au CO2 pour former un gaz de synthèse, qui peut être transformé en carburant aviation.

Une production de 1000 litres de carburant aviation par jour

L’usine fonctionne à l’énergie solaire et ambitionne de fabriquer 1 000 litres de carburant par jour. Elle devrait commencer sa production en 2021, et a déjà trouvé un premier client en la compagnie aérienne néerlandaise Transavia.

SkyNRG n’est pas la seule à exploiter le captage direct d’air : la firme canadienne Carbon Engineering et l’Américaine Global Thermostat exploitent également cette technique.

Les environnementalistes sceptiques

Mais tout n’est pas rose pour autant. Le procédé est coûteux, comme le concède Meijerink : “Le kérosène fossile est relativement bon marché. Capter le CO2 de l’air est encore une technologie nouvelle et coûteuse”.

Et les environnementalistes se montrent très sceptiques. “Quand on y pense, cette usine de démonstration peut produire 1000 litres par jour à partir d’énergie renouvelable. Cela ne correspond qu’à près de 5 minutes de vol d’un Boeing 747”, commente Jorien de Lege, une militante de Friends of the Earth. Selon elle, la seule solution pour abaisser les émissions de l’aviation, c’est de réduire l’utilisation de ce moyen de transport.

L’ultime solution : les avions électriques

L’Association internationale du transport aérien (IATA) s’est fixée pour objectif de diminuer l’empreinte carbone des avions de 50 % d’ici 2050. De nombreuses compagnies aériennes étudient différentes alternatives aux carburants fossiles. Les biocarburants, élaborés à partir de biomasse végétale (canne à sucre, herbe, l’huile de palme…), ou même de déchets d’origine animale, semblent les plus prometteurs. À terme, les avions conventionnels seront sans doute remplacés par des avions électriques, en particulier sur les lignes court-courriers. Mais la durée de vie moyenne d’un avion étant de 26 ans et demi, il faudra encore attendre quelques années.