Principaux renseignements
- Le Premier ministre Bart De Wever a considérablement revu à la baisse l’objectif des négociations budgétaires afin de sortir de l’impasse politique.
- Le MR a remporté une victoire majeure en bloquant les hausses de TVA grâce à ce revirement.
- L’assouplissement de la discipline budgétaire risque d’exposer la Belgique à une grave instabilité des marchés financiers.
Dans un revirement stratégique surprenant, le Premier ministre Bart De Wever a revu à la baisse ses objectifs immédiats d’assainissement budgétaire afin de sortir de l’impasse politique. Plutôt que d’insister sur une réduction immédiate de 10 milliards d’euros sur plusieurs années, le Premier ministre se concentre désormais exclusivement sur le budget de 2027, qui nécessite des économies nettement moins importantes, de l’ordre de 3 milliards d’euros. C’est ce qu’indiquent VTM Nieuws et Nieuwsblad.
Alors que le gouvernement affirme officiellement que la poursuite de l’objectif total de 10 milliards reprendra ultérieurement, des inquiétudes grandissantes se font jour au sein de la coalition quant à la possibilité que cet objectif plus ambitieux ne soit jamais atteint.
Une victoire pour le MR
Ce revirement stratégique représente une victoire majeure pour Georges-Louis Bouchez et le MR. En abaissant l’objectif financier, le Premier ministre a écarté la proposition d’augmentation de la TVA, une mesure que De Wever considérait auparavant comme essentielle pour générer rapidement des recettes.
Ce résultat a suscité la frustration des autres partenaires de la coalition, qui estiment que le refus persistant du MR de faire des compromis a été récompensé.
Inquiétudes sur les marchés financiers
Cette décision est perçue comme un pari de la part de De Wever, qui n’a cessé de mettre en garde contre la nécessité pour la Belgique de faire preuve d’une discipline budgétaire stricte afin d’éviter la surveillance des marchés financiers. Les experts et la Banque nationale ont déjà fait valoir que même une réduction de 10 milliards d’euros est insuffisante pour corriger les déséquilibres budgétaires du pays.
En se contentant d’une réduction plus modeste tout en s’engageant à mettre en œuvre des baisses d’impôts de 5 milliards d’euros d’ici 2030, le gouvernement risque d’exposer le pays à des risques financiers.
Résistance interne aux coupes budgétaires
Malgré l’objectif revu à la baisse, parvenir à un accord pour 2027 reste difficile. La proposition actuelle repose largement sur la non-indexation et des coupes dans les dépenses de santé, qui se heurtent à la résistance de partis de gauche comme Vooruit.
De plus, plusieurs réformes précédemment discutées, telles que les modifications du régime des arrêts maladie de longue durée, semblent avoir été abandonnées afin de simplifier les négociations.
La course contre la montre
L’objectif premier du Premier ministre est désormais d’éviter un nouveau budget d’urgence pour 2027 en obtenant un accord parlementaire d’ici début novembre. Alors que son équipe qualifie cela de « solution intermédiaire créative » visant à rassurer les marchés, les détracteurs affirment qu’en renonçant à ses « lignes rouges », De Wever a créé un dangereux précédent qui pourrait rendre les futures négociations encore plus difficiles. (fc)
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