Principaux renseignements
- La Réserve fédérale américaine a récemment abaissé son taux directeur d’un quart de point de pourcentage, la première baisse en neuf mois.
- Cette pression a toutefois suscité des inquiétudes quant à l’indépendance de la Réserve fédérale.
- Kenneth Rogoff (professeur à Harvard) prévoit également un déclin de la domination mondiale du dollar américain en raison de ce qu’il appelle « les erreurs imprévues des États-Unis ».
La Réserve fédérale a récemment réduit son taux d’intérêt de référence d’un quart de point de pourcentage, ce qui constitue la première baisse en neuf mois. Cette mesure vise à soutenir une économie qui montre des signes de faiblesse. La décision fait suite à des données récentes indiquant un ralentissement de la croissance de l’emploi et intervient après les appels publics répétés du président Trump en faveur d’une baisse significative des taux.
Toutefois, cette pression a suscité des inquiétudes quant à l’indépendance de la Réserve fédérale. Kenneth Rogoff, ancien économiste en chef du FMI et actuellement professeur à Harvard, estime que l’ingérence politique constitue une menace fondamentale pour la crédibilité de la banque centrale. C’est ce qu’il a déclaré dans une interview accordée à Kitco. Il affirme que cette dynamique est enracinée dans l’escalade de la dette nationale et qu’elle obligera finalement la Fed à accommoder les dépenses du gouvernement, ce qui entraînera une hausse de l’inflation au fil du temps.
Déclin domination mondiale
Rogoff prévoit également un déclin de la domination mondiale du dollar américain en raison de ce qu’il appelle les « erreurs imprévues américaines ». Il suggère que la part du dollar dans les réserves mondiales pourrait diminuer de manière significative au cours de la prochaine décennie. Cette évolution est due à des facteurs tels que le recours croissant aux sanctions financières, qui encouragent les autres pays à chercher des alternatives au dollar pour le commerce international.
La situation économique de la Chine est un autre sujet de préoccupation pour Rogoff. Il estime que la crise économique chinoise, prévue de longue date, est déjà en cours et compare sa trajectoire à la stagnation économique du Japon. Il prévient que les luttes simultanées des deux plus grandes économies du monde créent une toile de fond de profonde instabilité mondiale.
Si, dans un premier temps, les marchés peuvent réagir positivement à la récente baisse des taux d’intérêt, l’analyse de Rogoff suggère qu’elle pourrait avoir des conséquences imprévues à long terme. Il considère l’or comme l’ultime valeur refuge dans ce paysage économique incertain. (fc)
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