Avions d’attaque légers contre les drones : Pologne s’intéresse au Super Tucano 


Principaux renseignements

  • La Pologne cherche à renforcer ses défenses aériennes contre les drones tels que le Shahed en envisageant l’acquisition d’avions A-29 Super Tucano d’Embraer.
  • L’A-29 Super Tucano, très adaptable, peut être équipé de nouveaux capteurs et liaisons de données pour détecter et neutraliser efficacement les menaces aériennes sans pilote.
  • Cette approche offre une solution rentable aux forces aériennes européennes confrontées à des déploiements massifs de drones, en intégrant le Super Tucano dans un réseau de défense multicouche aux côtés des systèmes existants.

La Pologne explore différentes options pour renforcer ses capacités de défense aérienne face à la menace croissante que représentent les drones tels que le Shahed et le Gierania-2. Une délégation militaire polonaise s’est récemment rendue chez Embraer Defense & Security au Brésil afin d’évaluer l’A-29 Super Tucano, un avion d’attaque léger qui pourrait être adapté pour des opérations de lutte contre les drones.

Cet intérêt découle de la nécessité pour la Pologne de lutter efficacement contre les cibles volant à faible vitesse et à basse altitude. La délégation a participé à des vols de familiarisation et a reçu des informations techniques sur divers aspects de l’avion, notamment ses configurations, ses coûts opérationnels et les enseignements tirés par d’autres utilisateurs tels que l’armée de l’air portugaise.

Lutte contre les drones

Embraer positionne activement l’A-29 Super Tucano comme une plateforme viable de lutte contre les drones. La société souligne que les systèmes existants peuvent être améliorés grâce à de nouveaux capteurs et liaisons de données afin de détecter et d’engager efficacement les menaces aériennes sans pilote. Cette approche évite le long processus d’acquisition de nouveaux types d’avions et offre une solution plus rapide aux forces aériennes européennes confrontées à des déploiements massifs de drones.

L’A-29 Super Tucano possède plusieurs caractéristiques qui le rendent adapté aux missions de lutte contre les drones. Sa vitesse et son endurance équilibrées lui permettent d’assurer une couverture persistante des zones critiques, tandis que ses options d’armement adaptables offrent des méthodes d’engagement flexibles et rentables. De plus, l’architecture de formation et de simulation de mission de l’avion rationalise la conversion des pilotes et favorise une utilisation efficace de l’équipage, ce qui est crucial pour les opérations de lutte contre les drones qui nécessitent beaucoup de main-d’œuvre.

Approche de défense multicouche

Sur le plan tactique, le Super Tucano pourrait fonctionner comme une couche « chasseuse » au sein d’un réseau de défense aérienne intégré plus large. Il ciblerait les drones d’attaque à sens unique qui exploitent les lacunes entre les intercepteurs haut de gamme et les défenses terrestres. Cette approche multicouche correspond à la réalité opérationnelle de la lutte contre les systèmes de type Shahed, où une identification et un engagement rapides sont primordiaux, en particulier face à de nombreuses menaces.

L’évaluation du A-29 Super Tucano par la Pologne reflète une évolution plus large de la planification de la défense, qui reconnaît la valeur des plates-formes d’attaque légères dans les stratégies de dissuasion à plusieurs niveaux. Bien que la Pologne possède déjà des chasseurs avancés tels que le F-35 et des F-16 modernisés, la menace des drones nécessite une approche plus diversifiée de l’interception.

Intégration de divers systèmes de défense

L’intégration d’hélicoptères, d’avions légers à voilure fixe et de systèmes au sol peut renforcer la profondeur opérationnelle et la résilience, en particulier contre les attaques de saturation visant à submerger les défenses aériennes traditionnelles. L’armée de l’air polonaise envisage également d’équiper ses hélicoptères AH-64E Apache et ses avions de transport M-28 Bryza de capacités anti-drones.

En substance, l’A-29 Super Tucano ne remplacerait pas la puissance aérienne haut de gamme, mais contribuerait à une architecture de défense durable privilégiant la disponibilité, la persistance et la rentabilité, tout en offrant des performances maximales. Cela s’inscrit dans la logique de l’OTAN, qui se concentre de plus en plus sur la lutte contre les menaces posées par les drones à bas coût grâce à des défenses aériennes multicouches et abordables, réduisant ainsi la dépendance à l’égard d’intercepteurs coûteux le long du flanc est.

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