Amazon emploie 100.000 robots dans ses entrepôts

Amazon utilise maintenant plus de 100.000 robots dans ses entrepôts répartis dans le monde entier. Même si la firme est fière de ses robots, elle explique qu’ils ne peuvent pas remplacer totalement le travail humain – du moins, pas encore.

Amazon compte maintenant plus de 100.000 robots et plus de 500.000 employés, sans compter les intérimaires. Ces robots sont utilisés pour transporter les marchandises dans les gigantesques entrepôts de la firme, et regrouper les articles individuels qui composent une commande. De ce fait, ils réduisent les manipulations humaines des produits.

Les humains irremplaçables, dixit Amazon

« Quand il y a des dizaines de milliers de commandes en cours simultanément, vous allez au-delà de ce qu’un humain peut faire », a expliqué Tye Brady, responsable d’Amazon Robotics, lors de la conférence EmTech Next de la MIT Technology Review. Mais ces robots ne se substitueront jamais totalement aux employés humains de la firme, parce qu’ils n’ont pas le “bon sens” ou la “dextérité” nécessaires pour le travail, a-t-il précisé.

Il a ainsi raconté comment ces robots pouvaient être neutralisés par un paquet de popcorn au beurre. L’un de ces paquets était accidentellement tombé de l’étagère d’un centre de distribution, répandant son contenu sur le sol. Les robots, intrigués par ce désordre, n’ont cessé d’aller et venir sur l’amas de popcorn pour l’inspecter. “Ils roulaient dessus, ils glissaient, puis affichaient un message d’erreur”, se souvient Brady.

Les robots tueurs du commerce de détail

Les robots d’Amazon n’ont pas provoqué de licenciements d’employés au sein de la firme, mais conféré un avantage concurrentiel énorme à Amazon, qui a conduit à la destruction de milliers d’emplois dans tout le secteur de la vente au détail. En 2017, plus de 6.000 magasins ont fermé aux États-Unis. Ce chiffre devrait être largement dépassé cette année, selon les chiffres recensés par Fox Business. En Belgique également, environ 1 commerce sur 10 est vacant.

Aux États-Unis, 2/3 de tous les livres, films et supports musicaux sont achetés en ligne, tout comme 2/5 des fournitures de bureau et des jouets, et un quart des vêtements. Pour chaque dollar supplémentaire dépensé cette année en ligne, 50 cents aboutiront dans les caisses d’Amazon. Amazon se défend en expliquant qu’elle donne accès à sa plateforme pour les petits commerces. “Nous avons quelque chose appelé Fulfillment by Amazon”. Il s’avère que plus de la moitié de ce stock est vendu par des fournisseurs tiers. Ce sont les magasins familiaux du monde entier. Cela a effectivement été un grand succès pour les petites entreprises à travers le monde”, affirme Brady.

Les emplois du e-commerce ne sont pas équivalents

Mais l’essor du e-commerce ne compensera pas forcément les emplois détruits du commerce de détail. Burning Glass, une entreprise qui analyse les tendances de l’emploi, a constaté que les compétences requises dans le e-commerce n’étaient pas les mêmes que celles qui étaient demandées dans le commerce traditionnel.

En effet, la possession d’un diplôme universitaire est obligatoire pour 78% des postes proposés dans le commerce électronique contre seulement 12% dans le commerce de détail traditionnel. De même, 53% des emplois offerts dans les entrepôts automatisés nécessitent un diplôme.

Les femmes particulièrement vulnérables… pour une raison inconnue

Etrangement, les femmes sont davantage concernées par ces suppressions d’emplois, indique un rapport de l’Institute for Women’s Policy Research (IWPR). Il conclut qu’entre novembre 2016 et novembre 2017, 129.000 Américaines ont perdu leur emploi dans un commerce de détail. En revanche, les Américains ont trouvé 106.000 emplois dans un commerce de détail. L’IWPR n’a pas vraiment d’explications pour ce phénomène.

L’organisation émet l’hypothèse qu’à la faveur de la reprise, des Américaines ont peut-être quitté des emplois dans des commerces de détail pour prendre des postes mieux rémunérés dans d’autres secteurs. Une autre possibilité serait que les commerces de détail dans lesquels les hommes sont plus susceptibles de travailler, comme les concessionnaires automobiles ou les magasins de meubles, seraient moins affectés par la tendance au déclin des commerces physiques.