Amazon Bank: “En 5 ans, Amazon pourrait rattraper la 3e banque américaine”

Amazon a engagé des négociations avec de grandes banques américaines, dont JP Morgan, pour proposer un compte bancaire à ses clients. Selon une étude du cabinet de conseil Bain & Company, une banque Amazon pourrait rattraper en 5 ans Wells Fargo, la 3e banque américaine.

« Nous pourrions imaginer que les services bancaires d’Amazon pourraient se développer pour atteindre plus de 70 millions de consommateurs américains sur les 5 prochaines années c’est-à-dire, la même base de clients que Wells Fargo, la 3e plus grande banque des États-Unis », écrivent Gérard du Toit et Aaron Cheris de Bain.

L’ouverture de comptes bancaires permettrait également à Amazon d’économiser annuellement les 250 millions de dollars de frais qu’elle paye sur le traitement des paiement  par cartes de crédit. Le géant du e-commerce a débuté des négociations avec des banques telles que JP Morgan Chase. L’objectif serait de cibler essentiellement les jeunes clients, et les clients actuellement dépourvus de comptes bancaires.

La reconnaissance vocale s’est largement démocratisée aux États-Unis

Selon Maureen Burns, associée chez Bain & Company, cette cible serait idéale : « Amazon peut se permettre de courtiser ce segment jusqu’alors non rentable pour partie parce qu’il sera capable de transformer l’économie des activités bancaires ». Par exemple, Amazon pourrait inviter ces jeunes clients à utiliser son assistant vocal Alexa pour effectuer leurs opérations bancaires quotidiennes.

L’assistance vocale s’est largement démocratisée aux États-Unis, et désormais, près de 20 % des répondants des enquêtes américaines utilisent des assistants vocaux à la maison. En outre, près d’un quart des répondants se disent prêts à les utiliser pour leurs opérations bancaires quotidiennes. Or, les banques traditionnelles ont jusqu’ici ignoré les gains que cette technologie pouvait leur apporter.

L’immense avantage du Big Data

Mais la carte maîtresse d’Amazon, c’est son immense trésor de données. Les évolutions des habitudes d’achat des consommateurs en ligne lui fournissent de bonnes indications sur ce qui se produit dans leur existence. Grâce à certains achats que l’on effectue traditionnellement à ces moments clés de l’existence, Amazon sait exactement quand ses clients se marient, qu’ils ont des enfants, ou qu’ils achètent une maison.

Cela signifie que la firme sera à même à chaque fois de proposer les services les plus adaptés, tels que des prêts (y compris hypothécaires), de l’assurance, ou de la gestion de fortune.

Amazon peut s’inspirer de son alter-ego chinois, Alibaba

Burns cite également l’exemple d’Alibaba, qui a développé ses activités de finance en Chine au cours des dernières années : « En Chine, Alibaba a accumulé le plus énorme fonds monétaire du monde, et émis 96 milliards de dollars (environ 77 milliards d’euros) de prêts en 5 ans, (…), et envoyé 700 milliards de dollars (environ 564 milliards d’euros) de règlements via son service Alipay l’année dernière, c’est-à-dire près de 5 fois le volume des sommes internationales qui ont transité sur PayPal », rappelle la chercheuse.

Les banques devront changer si elles veulent survivre

En conclusion, Bain & Company recommande aux autres banques d’abandonner leur système d’administration actuel et de tâcher de conclure des partenariats avec les autres GAFA, si elles veulent survivre à l’arrivée d’Amazon sur leur marché.

Mais surtout, le cabinet de conseil les invite à revoir leur business model pour se concentrer sur les clients plutôt que sur les produits, et pour proposer une offre plus évolutive et plus personnalisée qu’elle ne l’est actuellement.