Alors que la Finlande et la Suède s’apprêtent à rejoindre l’OTAN, la France pourrait faire un pas de côté

La nomination de Jean-Luc Mélenchon au poste de Premier ministre français – encore faut-il que cela arrive, bien sûr – pourrait bien avoir un impact sur l’adhésion de la France à l’OTAN. L’homme fort du mouvement France Insoumise souhaite en effet soumettre au Parlement la question d’un possible retrait de l’Alliance.

La France est membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord depuis 1949 et membre du Commandant armé depuis 2009, suite à la réintégration du pays par Nicolas Sarkozy. Une adhésion qui pourrait bientôt prendre fin si Jean-Luc Mélenchon est nommé Premier ministre par le président Emmanuel Macron, alors que la Finlande et la Suède ont soumis leur candidature. Un souhait qu’il n’a jamais caché, mais le leader de la gauche radicale a tout de même nuancé sa pensée ce jeudi, lors d’une conférence de presse présentant le programme politique de la NUPES – une coalition de groupes de gauche –, indiquant qu’une « sortie immédiate » de l’OTAN ne serait tout de même pas à l’ordre du jour.  

Il faut dire que la question est l’un des points de divergences au sein de la NUPES. Le document distribué aux journalistes lors de la conférence de presse n’en faisait d’ailleurs pas référence, comme le rapporte Euractiv, preuve que l’adhésion de tous les membres n’est pas acquise sur ce point. Le document préconise plutôt à « réaffirmer que l’ONU est le seul organe légitime pour la sécurité collective à l’échelle mondiale ».

Pour Mélenchon, sortir de l’OTAN permettrait à la France de devenir militairement indépendante, en particulier du géant américain.

Une sortie progressive

Si la coalition de gauche venait à gagner les élections et que Mélenchon venait à être nommé Premier ministre, le parlement serait invité à voter sur l’adhésion ou la sortie de l’OTAN.  « La France Insoumise proposera le retrait immédiat de la France du commandement intégré de l’OTAN puis, par étapes, de l’organisation elle-même », a indiqué le parti, précisant tout de même que « le Parti socialiste sera favorable au maintien de la France dans l’OTAN ». La question est loin de faire l’unanimité au sein de la coalition et le contexte ne joue pas en la faveur de l’homme fort de la France Insoumise.

Ce dernier a en effet concédé que le contexte dans lequel se trouvait actuellement l’Europe était particulier. C’est d’ailleurs pourquoi son « point de vue n’est pas partagé aujourd’hui », estime-t-il. Ainsi, proposer une sortie immédiate de l’OTAN « empêcherait l’union d’avoir lieu ». La question est donc reportée, mais pas abandonnée.

Le Premier ministre peut-il décider de quitter l’OTAN ?

Si Mélenchon parvient à être nommé Premier ministre – et ce n’est pas gagné : le poste a temporairement été attribué à l’ancienne ministre du Travail, Élisabeth Borne, un poste qu’elle pourrait (ou non) conserver à la suite des élections législatives –, celui-ci n’aura pas tous les droits. Il l’a lui-même souligné lors de la conférence de presse : si le Premier ministre a « l’autorité, bien sûr » sur les questions de défense et de politique étrangère, alors que le président « négocie et signe des traités ». Ainsi, négocier la sortie de la France de l’OTAN auprès du président Macron, attaché à l’alliance, ne sera pas chose aisée.

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