Les dernières données économiques confirment les tendances qu’on observait depuis un certain temps. Alors que les États-Unis honorent à nouveau leur réputation d’économie très résiliente, l’Allemagne, locomotive économique de l’Europe, est clairement en difficulté.
Dans l’actualité : Plusieurs pays ont publié leurs chiffres de croissance provisoire pour le deuxième trimestre.

- Notre pays affiche une croissance économique de 0,2 % par rapport au premier trimestre, selon les estimations de la Banque Nationale de Belgique (BNB). C’est moins que prévu et également inférieur à la croissance de 0,4 % enregistrée au trimestre précédent, mais le moteur de croissance n’est pas encore complètement à l’arrêt. Comparé à la même période l’année précédente, le deuxième trimestre de 2022, la croissance est de 0,9 %.
- La France et l’Espagne affichent également une croissance économique continue, malgré des mois de spéculations sur une possible récession. L’économie française a progressé de 0,5 % au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent. Cela peut surprendre compte tenu des troubles sociaux dans le pays. La consommation intérieure a été affectée, mais les exportations ont compensé cela. Les économistes pointent notamment la popularité des voitures françaises à l’étranger. L’économie espagnole montre une croissance similaire, de 0,4 %.
- Alors que le reste de la zone euro tient bon, la plus grande économie de la zone, l’Allemagne, est déjà totalement sous l’emprise du spectre de la récession. L’économie allemande ne montre plus de croissance au deuxième trimestre (+0,0 % par rapport au premier trimestre). C’est légèrement mieux que la contraction du trimestre précédent (-0,1 %) et celle du dernier trimestre de 2022 (-0,4 %).
Zoom sur l’Allemagne : Les derniers chiffres confirment que l’Allemagne est devenue le maillon faible de l’Europe et est en réalité déjà plongée dans une forme de récession, selon la définition que l’on utilise. Plusieurs économistes établissent un lien avec la guerre en Ukraine, qui a entraîné l’interruption des importations de gaz russe bon marché. « La transition énergétique n’est pas encore terminée et l’Allemagne accuse également un énorme retard en matière de numérisation et de modernisation de son infrastructure », a averti à plusieurs reprises l’économiste de ING, Carsten Brzeski.
L’Amérique résiste à tout
L’avenir : En partie parce que le moteur allemand s’essouffle, le sentiment des chefs d’entreprise européens pour la deuxième moitié de l’année est plutôt pessimiste, selon les dernières enquêtes. Mais le salut pourrait bien venir de l’extérieur. Le gouvernement chinois met tout en œuvre pour stimuler son économie et les derniers chiffres de croissance des États-Unis sont étonnamment élevés.
- « L’économie américaine défie la gravité », écrivent les économistes de la banque ABN Amro. La croissance économique au deuxième trimestre s’est établie à 2,4 % en glissement annuel, nettement plus que les 1,8 à 2,0 % attendus en moyenne par les économistes.
- Selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), l’économie américaine devrait croître deux fois plus vite que l’économie européenne sur l’ensemble de l’année 2023 (1,8 % contre 0,9 % de croissance), l’Allemagne étant la seule des grandes économies à se contracter.

MB