Principaux renseignements
- Les agriculteurs français ont organisé une manifestation à Paris pour exprimer leur inquiétude face à un éventuel accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, craignant que celui-ci n’inonde le marché de produits agricoles bon marché.
- Frustrés par la politique du gouvernement consistant à abattre les animaux atteints de la maladie de la gale, une affection cutanée contagieuse, les agriculteurs réclament des vaccinations plutôt que des abattages massifs.
- Cette manifestation met le président Emmanuel Macron et son gouvernement sous forte pression et pourrait compromettre sa position politique si l’accord avec le Mercosur est adopté sans le soutien de la France.
Des agriculteurs français en colère ont organisé une manifestation à Paris avant l’aube aujourd’hui, bloquant des routes et des monuments emblématiques. Ils ont exprimé leur inquiétude face à un éventuel accord commercial entre l’Union européenne et le bloc Mercosur des pays d’Amérique du Sud. Selon les agriculteurs, cet accord pourrait inonder le marché européen de produits agricoles bon marché, ce qui ferait baisser les prix et mettrait en péril leurs moyens de subsistance.
Politique alternative
Ce qui accentue encore leur frustration, c’est la réaction du gouvernement face à une épidémie de fièvre catarrhale ovine chez les bovins. Les agriculteurs jugent « l’abattage des animaux » excessif et plaident plutôt en faveur de la vaccination.
Stéphane Pelletier, représentant du syndicat Coordination Rurale, a exprimé son sentiment d’abandon et de désespoir sous la tour Eiffel. Les agriculteurs ont contourné les contrôles de police, ont roulé sur les Champs-Élysées et ont bloqué les routes autour de l’Arc de Triomphe, avant d’être encerclés par les autorités. Des dizaines de tracteurs ont également bloqué les autoroutes menant à Paris, provoquant d’importants embouteillages pendant l’heure de pointe du matin.
Pression sur Macron s’intensifie
Cette protestation accentue la pression sur le président Emmanuel Macron et son gouvernement, alors que les États membres de l’UE s’apprêtent à voter sur l’accord commercial avec le Mercosur. Avec une majorité précaire au Parlement, Macron risque une motion de censure s’il gère mal cette question cruciale.
La France s’est toujours opposée à l’accord, malgré les concessions obtenues in extremis par Macron. La Commission européenne tente de convaincre les pays hésitants en leur promettant davantage d’aides agricoles et une baisse des droits de douane sur les engrais. Le soutien de pays comme l’Allemagne et l’Espagne, combiné à celui éventuel de l’Italie, laisse penser que l’UE pourrait approuver l’accord même sans l’accord de la France. Le vote sur l’accord commercial avec le Mercosur est prévu demain.
La police a adopté une attitude prudente, évitant les affrontements avec les manifestants et soulignant qu’elle n’est pas leur adversaire. (uv)
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