Principaux renseignements
- Le Premier ministre Bart De Wever cherche à conclure un accord budgétaire global afin d’éviter une grave crise politique en Belgique.
- Les options dont dispose le gouvernement dans les semaines à venir sont toutefois limitées, et les conséquences pourraient être importantes.
- Si aucun accord n’est trouvé, des baisses de notation de crédit et une grave instabilité économique risquent de se produire.
Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Bart De Wever se trouve actuellement dans une situation précaire, les négociations budgétaires étant dans l’impasse. Avec le report du discours sur l’état de l’Union et la persistance de profondes divisions idéologiques entre les cinq membres de la coalition, le gouvernement peine à trouver une issue. Malgré la nécessité urgente de réduire la dette publique, le Premier ministre a déclaré qu’il n’accepterait pas un nouveau budget provisoire pour l’année à venir.
1. Continuer à rechercher un accord global
L’une des principales options consiste pour la coalition à poursuivre les négociations afin de parvenir à un accord global. Bien que la date butoir initiale du 13 octobre soit dépassée, le Premier ministre organise des réunions séparées avec ses partenaires afin de résoudre les conflits concernant les recettes et les dépenses. Les principaux points de friction concernent l’opposition du MR aux modifications de la TVA et la résistance de Vooruit et des Engagés face aux charges pesant sur les familles et les salariés.
Réaliser 10 milliards d’euros d’économies d’ici 2029 est un défi colossal. Un accord reste toutefois possible. Aucun des partis au pouvoir n’a grand-chose à gagner à faire tomber la coalition. De plus, un compromis budgétaire d’ici fin octobre laisserait encore le temps de prendre les mesures législatives nécessaires avant la fin de l’année. L’inconvénient est que les partis devront alors faire rapidement des concessions, alors que leurs relations n’ont cessé de se détériorer ces derniers jours.
2. Se contenter d’un accord partiel
Le gouvernement pourrait également opter pour un accord allégé. En reportant les réformes structurelles les plus controversées et en se concentrant uniquement sur les points de consensus, les partis pourraient éviter une crise immédiate et sauver la face.
Cependant, cette approche « minimaliste » comporte des risques financiers. La Commission européenne et les marchés mondiaux exigent un plan d’austérité crédible, et un compromis fragile ne ferait que retarder de quelques mois le conflit inévitable. Un accord qui ne permettrait pas de réaliser suffisamment d’économies structurelles ne ferait donc que gagner du temps. Le gouvernement risquerait alors de devoir mener à nouveau les mêmes discussions dans quelques mois, peut-être sous une pression encore plus forte.
3. Recourir au mécanisme des douzièmes provisoires
Une troisième voie, bien que moins souhaitable, consiste à recourir aux « douzièmes provisoires ». Ce mécanisme juridique permet à l’État de fonctionner en dépensant chaque mois une fraction du budget de l’année précédente.
Bien qu’il ait été utilisé début 2026, De Wever l’a explicitement rejeté, arguant que la Belgique doit envoyer un signal fort en matière de maîtrise budgétaire. Néanmoins, si les négociations continuent d’échouer, cette option pourrait devenir une nécessité inévitable pour assurer le fonctionnement du gouvernement après janvier.
4. Renverser le gouvernement
Le scénario le plus grave serait une crise politique de grande ampleur conduisant à la démission du gouvernement. Même si cela ne déclencherait certainement pas d’élections immédiates, cela créerait une instabilité à un moment critique. Une telle agitation pourrait alarmer les investisseurs et influencer négativement les notations de crédit, d’autant plus que Standard & Poor’s doit réexaminer la solvabilité de la Belgique le 23 octobre.
Pour l’instant, les partenaires de la coalition semblent conscients de ces risques. Le coût politique d’une chute du gouvernement serait également élevé. Les cinq partis devraient alors expliquer aux électeurs pourquoi ils n’ont pas réussi à mener à bien leur principale mission commune. Compte tenu du coût politique élevé d’un échec, les partenaires de la coalition sont actuellement déterminés à éviter ce scénario. (fc)
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