Principaux renseignements
- La France installe le Hammer 250 XLR sur le Rafale F4 afin de combler une lacune de trente ans en matière de dissimulation radar.
- Les turboréacteurs doublent la portée de l’arme, la portant à 140 kilomètres, pour permettre aux pilotes d’engager le combat en toute sécurité.
- Cet outil de précision assure la transition vers le missile Stratus RS, un système avancé et autonome.
La France s’efforce de combler une lacune de longue date dans ses capacités de combat aérien en introduisant le Safran Hammer 250 XLR pour les avions Rafale F4. Devant entrer en service vers 2028, cette arme sert de solution transitoire pour pallier une lacune dans la capacité du pays à neutraliser les défenses aériennes ennemies, en attendant le missile Stratus RS, plus avancé.
Une lacune de trente ans
La nécessité de cette modernisation découle d’une lacune stratégique. Depuis près de trente ans, l’aviation française ne dispose pas d’un outil dédié permettant d’attaquer directement les émissions radar. Le général Jérôme Bellanger, chef d’état-major de la Force aérienne et spatiale française, a récemment qualifié la perte de cette capacité d’échec majeur.
L’absence d’une telle arme complique la planification des missions, car la capacité de neutralisation des défenses aériennes ennemies (SEAD) détermine la manière dont les avions de frappe approchent leurs cibles et le niveau de soutien requis de la part des forces alliées.
Évolution technologique du Hammer
Sur le plan technologique, le Hammer 250 XLR fait évoluer la série AASM Hammer existante en remplaçant les propulseurs à fusée standard par des turboréacteurs miniatures.
Cette modification étend la portée de l’arme à environ 140 kilomètres lorsqu’elle est lancée depuis de hautes altitudes, ce qui double à peu près la portée des versions précédentes. Cela permet aux pilotes d’engager des installations radar depuis une distance plus sûre, bien que cela ne garantisse pas une immunité totale face aux missiles sol-air modernes à longue portée.
Frappe de précision
Point crucial : le Hammer 250 XLR est une arme de frappe de précision plutôt qu’un missile anti-radiations traditionnel. Il s’appuie sur le GPS, la navigation inertielle et un guidage infrarouge ou laser en option pour atteindre des coordonnées spécifiques, ce qui signifie qu’il ne peut pas se diriger automatiquement vers des émissions électroniques actives.
Cela le distingue de l’ancien missile AS.37 Martel utilisé dans les années 1980, qui pouvait suivre les fréquences radar. Ce changement signifie que le succès dépend désormais fortement d’une architecture de ciblage intégrée.
Pour garantir l’efficacité de cette arme, la France modernise ses moyens de collecte de renseignements. Les nacelles ASTAC embarquées sur les Mirage 2000D et les futurs avions de renseignement d’origine électromagnétique Falcon ARCHANGE sont conçus pour localiser les émetteurs. Cependant, l’efficacité du Hammer XLR dépend de la vitesse et de la précision des liaisons de données ; si un radar mobile change d’emplacement entre le moment de la détection et l’impact de l’arme, la frappe échouera.
Stratus RS
Si le Hammer 250 XLR offre une flexibilité immédiate, la stratégie à long terme s’articule autour du MBDA Stratus RS, dont l’intégration sur le Rafale F5 est prévue vers le milieu des années 2030. Développé en collaboration avec l’Italie et le Royaume-Uni, le Stratus RS sera un missile à statoréacteur hypersonique. Contrairement au Hammer, il sera équipé d’un autodirecteur actif et d’un système de reconnaissance automatique des cibles, ce qui lui permettra de détruire des radars même s’ils ont cessé d’émettre.
Restaurer la souveraineté opérationnelle
La trajectoire actuelle de la France illustre la difficulté de retrouver un savoir-faire militaire spécialisé. La perte du missile Martel dans les années 1990 s’est accompagnée de la dissolution des unités formées à son utilisation, prouvant que l’équipement ne constitue qu’une partie de la préparation opérationnelle.
En mettant progressivement en service le Hammer XLR avant le Stratus RS, la France vise à retrouver sa souveraineté opérationnelle et à réduire sa dépendance vis-à-vis des nations alliées pour la tâche cruciale consistant à dégager le ciel des défenses aériennes ennemies. (fc)
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