Principaux renseignements
- Les salariés belges réduisent leur temps de travail dans leur emploi principal afin de gagner davantage grâce à des emplois flexibles mieux rémunérés.
- Les gains financiers sont à l’origine de cette évolution, ce qui suscite des inquiétudes au sein du gouvernement quant à la perte de recettes fiscales.
- Les protections juridiques dont bénéficient les travailleurs flexibles sont identiques à celles d’un emploi standard, malgré la structure flexible.
Des données récentes du prestataire RH Partena Professional indiquent une tendance croissante chez les salariés belges à réduire leurs heures de travail dans leur emploi principal afin de se consacrer à des emplois flexibles.
Principalement des ouvriers
Une enquête menée auprès de 1 000 travailleurs a révélé que 22 pour cent de ceux qui prévoient de commencer un emploi flexible au cours de l’année à venir ont l’intention de réduire les heures de leur emploi principal.
Cette évolution est particulièrement marquée chez les ouvriers, dont 43 pour cent envisagent cette option, contre 19,2 pour cent des employés de bureau et 10,2 pour cent des fonctionnaires. Sur le plan démographique, les hommes (28,6 pour cent) et les moins de 35 ans (31,9 pour cent) sont plus enclins à opter pour ce type d’arrangement que les femmes ou les salariés plus âgés.
Préoccupations économiques
Stijn Baert, expert en matière d’emploi, met en garde contre ce phénomène, qui témoigne d’un effet d’« éviction », dans lequel l’emploi traditionnel – qui génère des recettes considérables en termes d’impôts et de cotisations sociales – est remplacé par des emplois soumis à des cotisations sociales moins élevées.
Cette situation a attiré l’attention du gouvernement, qui cherche actuellement à réaliser des économies de plusieurs milliards. Parmi les mesures envisageables figurent notamment l’instauration de cotisations de sécurité sociale sur les « flexi-jobs » ou la limitation des avantages liés à ces emplois pour les salariés travaillant selon un horaire à quatre cinquièmes, afin de lutter contre l’érosion de l’emploi régulier.
Incitations financières
Le principal moteur de cette évolution est d’ordre financier ; près de 60 pour cent des participants ont déclaré que le salaire net plus élevé constituait le principal attrait. La flexibilité est la deuxième raison la plus citée (22,9 pour cent), tandis que la diversification professionnelle et la variété des tâches sont des motivations moins courantes.
On observe également un clivage linguistique. Les néerlandophones privilégient plus souvent la flexibilité, tandis que les francophones sont davantage motivés par les avantages financiers.
Protections juridiques
Malgré l’idée reçue selon laquelle les emplois flexibles seraient des versions « allégées » de l’emploi classique, ils bénéficient de protections juridiques importantes. Les travailleurs ont généralement droit aux mêmes primes, indemnités et avantages que le personnel régulier, tels que les majorations pour le travail de nuit ou le dimanche et les chèques-repas, selon le secteur.
Ils sont également couverts par la réglementation standard en matière de congés maladie et de jours fériés. La principale différence réside dans le salaire de base, qui est généralement plafonné à 150 pour cent du salaire minimum du secteur.
En matière de rémunération et de réglementation, l’indemnité de congés payés (7,67 pour cent) est intégrée au salaire flexible régulier plutôt que versée sous forme de somme forfaitaire, ce qui signifie que les travailleurs doivent gérer eux-mêmes ces fonds pour leurs congés. De plus, les emplois flexibles ne sont pas dépourvus de réglementation. Ils doivent respecter les lois standard concernant la durée maximale du travail, les pauses et les heures supplémentaires.
Exigences administratives
Bien que le système soit conçu pour offrir une certaine souplesse afin d’aider les entreprises à gérer les périodes de pointe, des exigences formelles subsistent. Un accord-cadre doit être établi avant le début du travail. Le non-respect de ces étapes administratives peut entraîner la reclassification juridique de l’emploi flexible en contrat de travail standard.
Risques contractuels
De plus, bien que ces contrats soient généralement à durée déterminée, une résiliation anticipée est possible, même si elle peut nécessiter un préavis ou une compensation financière en fonction du stade du contrat.
(at)
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