Principaux renseignements
- La Turquie vise un taux de croissance du PIB de 4,2 pour cent d’ici 2027.
- L’inflation doit être ramenée à 21 pour cent grâce à une discipline budgétaire stricte.
- Les exportations de haute technologie et la rénovation urbaine sont les moteurs de la stabilité économique à long terme.
Le vice-président Cevdet Yilmaz a récemment présenté à Ankara le projet de budget 2027 du gouvernement turc, mettant en avant une trajectoire stratégique pour l’expansion économique.
Croissance du PIB
Le gouvernement prévoit que la croissance du PIB atteindra 4,2 pour cent d’ici 2027, contre 3,3 pour cent estimés pour l’année en cours. Cette tendance à la hausse devrait être portée par la reprise de l’économie mondiale et l’augmentation de la demande internationale pour les produits turcs.
L’objectif global est d’atteindre un taux de croissance de 5 pour cent d’ici la fin du plan à moyen terme, en donnant la priorité à l’innovation, aux avancées technologiques et à l’amélioration de la productivité.
Marché du travail
En ce qui concerne le marché du travail, le gouvernement prévoit une évolution positive avec la création de 657 000 nouveaux emplois l’année prochaine. Cela devrait porter le taux d’activité à 53,4 pour cent et faire baisser le taux de chômage à 8 pour cent, soit une légère baisse par rapport aux 8,1 pour cent prévus pour 2026.
Lutte contre l’inflation
La lutte contre l’inflation constitue un pilier central de la stratégie économique actuelle. Après être passée sous la barre des 30 pour cent en septembre, l’inflation annuelle devrait atteindre 28,4 pour cent d’ici la fin de l’année, puis continuer à baisser pour s’établir à 21 pour cent d’ici la fin de 2027.
Afin de parvenir à une inflation à un chiffre sur le long terme, l’État entend associer une discipline budgétaire et des politiques monétaires strictes à des interventions ciblées du côté de l’offre dans les secteurs de l’alimentation et du logement.
Commerce et stabilité extérieure
Le commerce et la stabilité extérieure occupent également une place prépondérante dans la proposition. Le déficit courant devrait passer de 2,6 pour cent du PIB en 2026 à moins de 2 pour cent l’année suivante.
Cette évolution sera soutenue par des efforts visant à réduire la dépendance vis-à-vis des énergies étrangères et par une augmentation des exportations à forte valeur ajoutée. Il convient de noter que les produits de haute technologie représentent désormais 44 pour cent des exportations, ce qui constitue une hausse significative par rapport aux 28 pour cent enregistrés au début des années 2000.
Dépenses et recettes budgétaires
Les projections financières pour 2027 indiquent des dépenses totales de 27 276 milliards de lires turques (environ 490 milliards d’euros), pour des recettes s’élevant à 23 408 milliards de lires (environ 420 milliards d’euros). Il en résulte un déficit budgétaire prévisionnel d’environ de 70 milliards d’euros, soit 3,5 pour cent du PIB, bien que ce chiffre tombe à 2,8 pour cent une fois les coûts liés au séisme exclus.
Parmi les principales catégories de dépenses figurent notamment 184 milliards d’euros pour les transferts courants, 128 milliards d’euros pour les frais de personnel et 71 milliards d’euros pour le paiement des intérêts.
Reconstruction après sinistre
Par ailleurs, le gouvernement accorde la priorité à la reconstruction après sinistre et à la rénovation urbaine, le financement de la transformation urbaine devant bondir de 176 pour cent pour atteindre 5 milliards d’euros en 2027. Depuis 2023, environ 97 milliards d’euros ont été consacrés à la reconstruction après le séisme, ce qui a permis la livraison de plus de 455 000 logements.
Gestion de la dette
Enfin, Yilmaz a souligné que la dette publique turque était tombée à 22,3 pour cent du PIB au deuxième trimestre, offrant ainsi une réserve financière stable face à la volatilité mondiale.
(at)
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