Les États-Unis équipent leurs bombardiers B-52 de missiles antinavires à longue portée


Principaux renseignements

  • La Marine américaine équipera les bombardiers B-52 de missiles furtifs LRASM afin de contrer les menaces navales avancées.
  • Lockheed Martin fournira les modifications logicielles et les essais nécessaires à l’intégration.
  • Ce changement stratégique réduit la dépendance vis-à-vis des navires de surface en permettant des frappes aériennes à longue portée.

La Marine américaine s’apprête à conclure un contrat avec Lockheed Martin pour équiper les bombardiers B-52 Stratofortress du missile antinavire à longue portée AGM-158C (LRASM).

Selon une récente annonce du gouvernement, cette initiative vise à renforcer les capacités de frappe maritime afin de contrer les menaces navales avancées, en particulier dans la région indo-pacifique. Cette évolution fait suite à la récente confirmation par l’armée de l’air que les bombardiers B-2 sont également capables de déployer cette arme furtive.

Accord avec Lockheed Martin

L’intégration prévue implique un contrat à fournisseur unique avec Lockheed Martin pour prendre en charge les modifications logicielles, les essais rigoureux et les réparations des appareils. Bien qu’aucun calendrier précis de déploiement n’ait été communiqué, le B-52 est déjà parfaitement adapté à cette mission, car il transporte fréquemment la famille de missiles AGM-158 JASSM, dont le LRASM est dérivé.

Si le B-52 peut transporter jusqu’à 20 missiles JASSM, la capacité exacte pour la version LRASM n’a pas été divulguée.

Ces projets existaient depuis longtemps

L’intérêt pour cette capacité n’est pas nouveau. Des études concernant l’intégration du LRASM sur le B-52 remontent à 2019. De plus, la proposition de budget pour l’exercice 2027 met en avant des projets visant à intégrer des versions avancées du JASSM et du LRASM.

Ces mises à niveau auront pour objectif principal de garantir la sécurité du largage des armes depuis les stations internes et les stations ailières, ainsi que de mettre à jour le logiciel de base de l’appareil afin de permettre des frappes contre des cibles protégées par des réseaux de défense aérienne denses.

Qu’est-ce que le LRASM ?

Le LRASM est spécialement conçu pour engager des navires de grande valeur à grande distance, en minimisant les risques pour l’avion lanceur. Il utilise une combinaison de GPS, de navigation inertielle et de reconnaissance autonome des cibles pour fonctionner dans des zones contestées. Afin de rester indétectable pendant la phase finale d’attaque, le missile emploie un autodirecteur infrarouge à imagerie plutôt qu’un radar actif.

De plus, ses mesures de soutien électronique embarquées et sa liaison de données permettent des ajustements de trajectoire en temps réel et des frappes coordonnées avec d’autres missiles. Bien que les autonomies exactes restent confidentielles, on estime que la version standard offre une autonomie comprise entre 320 et 480 kilomètres, tandis que la future variante C-3 pourrait porter cette autonomie à 965 kilomètres.

Survivabilité améliorées

Par rapport à l’ancien AGM-84 Harpoon, le LRASM offre un bond en avant considérable en termes de survie et de précision grâce à son profil furtif et à ses capacités autonomes.

Associé à la capacité du B-52 à larguer des mines planantes Quickstrike-ER, le bombardier devient une menace maritime polyvalente, capable de perturber les voies de navigation et d’attaquer des flottes à distance sûre.

Cette initiative garantit que les trois bombardiers stratégiques américains actuels — le B-1, le B-2 et le B-52 — disposent de capacités antinavales, une tendance qui s’étendra sans aucun doute au futur B-21. Ce changement stratégique est une réponse directe à la présence navale croissante de la Chine et à ses systèmes sophistiqués de déni d’accès et de déni de zone (A2/AD). En recourant à des bombardiers, les États-Unis réduisent leur dépendance vis-à-vis des navires de surface et des avions de combat tactiques pour les engagements maritimes à longue portée.

L’avenir de la flotte de B-52

Au-delà du LRASM, la flotte de B-52 fait l’objet d’une modernisation complète, comprenant notamment de nouveaux moteurs et systèmes radar, ce qui conduira à sa redésignation en B-52J. Ces améliorations, associées à l’ajout du missile nucléaire à longue portée (LRSO), garantissent la viabilité de l’appareil jusqu’en 2050.

Le B-52J modernisé jouera un rôle central au sein d’un « réseau de frappe » plus vaste, utilisant des technologies avancées de mise en réseau et de radar pour coordonner des frappes massives à longue distance contre les forces navales adverses dans le Pacifique. (fc)

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