La Chine nie toute manipulation du yuan malgré les inquiétudes croissantes de l’Europe


Principaux renseignements

  • La Chine nie manipuler le yuan pour obtenir des avantages commerciaux déloyaux.
  • Les dirigeants européens avertissent que la sous-évaluation de la monnaie alimente un déficit commercial massif.
  • Pékin prévoit de réorienter la croissance vers la consommation intérieure d’ici 2030.

La Chine a réfuté les accusations internationales concernant sa gestion monétaire, affirmant n’avoir jamais délibérément déprécié le yuan pour obtenir un avantage commercial déloyal. Cette défense intervient alors que les responsables européens réclament un yuan plus fort afin d’atténuer la flambée des exportations chinoises et un déséquilibre commercial historique.

Banque centrale réfute les accusations de manipulation

La Banque populaire de Chine (PBOC) a publié une réfutation détaillée des allégations selon lesquelles la monnaie serait maintenue à un niveau artificiellement bas. Cette déclaration coïncide avec la visite à Pékin du commissaire européen au commerce, Maros Sefcovic, qui cherche des moyens de réduire le déficit commercial entre les deux puissances.

La PBOC a fait valoir que le fait d’imputer le déclin industriel national ou la mauvaise gestion budgétaire aux taux de change est un moyen pour d’autres nations d’éviter de s’attaquer à leurs propres failles structurelles.

Excédent commercial

Les données financières montrent que la Chine a enregistré un excédent commercial record de près de 1 200 milliards de dollars (1 070 milliards d’euros) en 2025, soit environ 6 pour cent de son PIB. Les experts estiment que la poursuite des exportations de technologies de pointe et de matériel d’intelligence artificielle permettra de maintenir cet excédent élevé.

La banque centrale soutient que cette domination résulte d’une compétitivité industrielle supérieure plutôt que d’une manipulation monétaire, soulignant qu’un secteur manufacturier fort entraîne généralement d’importants excédents.

Inquiétudes européennes

Les dirigeants européens ont exprimé une inquiétude croissante face à un éventuel « choc chinois 2.0 ». La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a récemment laissé entendre que l’économie mondiale était menacée par ces déséquilibres, tandis que les données de l’UE indiquent que le déficit commercial avec la Chine a grimpé de 15 pour cent en 2025 pour atteindre plus de 360 milliards d’euros.

Par ailleurs, le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé que le yuan était sous-évalué de 25 pour cent à 30 pour cent, et Goldman Sachs a évoqué une sous-évaluation d’au moins 20 pour cent, affirmant qu’une monnaie plus forte réduirait les tensions protectionnistes.

Engagement en faveur de la flexibilité du marché

Pékin insiste sur le fait que le marché est le principal moteur de l’évaluation monétaire. La PBOC a précisé qu’elle ne fixait pas de taux cibles spécifiques ni ne manipulait les tendances à long terme, optant plutôt pour une évolution flexible dans les deux sens.

Afin d’accroître la transparence, la Chine s’est engagée à fournir au Fonds monétaire international des données plus détaillées sur les opérations de change à partir de 2027.

Réorientation vers la demande intérieure

Dans la perspective de sa stratégie pour 2026-2030, la Chine vise à opérer une transition vers un modèle de croissance alimenté par la demande intérieure. Ce plan consiste à stimuler la consommation intérieure et à accroître les investissements afin de bâtir une économie nationale plus résiliente et de contribuer à un environnement financier mondial plus stable.

(at)

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