Principaux renseignements
- La plupart des salariés belges effectuent des heures supplémentaires non rémunérées et non déclarées.
- Des charges de travail excessives obligent de nombreux employés à renoncer à des pauses indispensables.
- Une nouvelle législation impose un suivi transparent du temps de travail d’ici 2027 afin d’éliminer les écarts en matière de travail.
Une récente enquête menée par iVOX pour le compte de Partena Professional et de l’expert en marché du travail Stijn Baert révèle l’existence d’un écart considérable entre les dispositions contractuelles et les habitudes de travail réelles de 1 000 salariés et 250 employeurs en Belgique. Les résultats mettent en évidence une culture largement répandue du travail non rémunéré et non déclaré. Près de 89 pour cent des salariés admettent travailler de temps à autre au-delà de leurs horaires prévus.
Charge de travail moderne
Plus de la moitié des salariés qualifient leur charge de travail d’élevée, les femmes faisant état de ce stress plus fréquemment que les hommes.
Cette intensité se fait souvent au détriment du bien-être personnel. Environ 40 pour cent des salariés sautent régulièrement leurs pauses pour répondre aux exigences. Cette tendance est particulièrement marquée chez les fonctionnaires et les employés de bureau, tandis que les ouvriers sont moins enclins à renoncer à leurs périodes de repos.
Corrélation évidente entre les heures supplémentaires et le fait de ne pas prendre de pause
Il existe une corrélation évidente entre la fréquence des heures supplémentaires et la suppression des pauses. Alors que seuls environ 17 pour cent de ceux qui ne font jamais d’heures supplémentaires sautent leurs pauses, ce chiffre grimpe à plus de 51 pour cent chez ceux qui font des heures supplémentaires chaque semaine.
Fossé en matière de rémunération
Malgré la prévalence du travail supplémentaire, la rémunération et le suivi restent inégaux. Plus de la moitié des participants ont déclaré ne jamais être rémunérés pour leurs heures supplémentaires, et près de 38 pour cent ont indiqué que leurs heures supplémentaires n’étaient pas officiellement enregistrées.
Ces disparités sont particulièrement marquées chez les fonctionnaires et les employés de bureau, pour qui le surmenage est souvent devenu une exigence tacite du poste. En revanche, les ouvriers disposent de systèmes plus bien établis pour le suivi et la rémunération des heures supplémentaires.
Mesures législatives en faveur de la transparence
Pour remédier à ces problèmes, la Belgique mettra en place une loi rendant obligatoire l’enregistrement du temps de travail à compter du 1er janvier 2027. Cette réglementation exigera des employeurs qu’ils mettent en place des systèmes objectifs et fiables pour suivre les heures effectivement travaillées plutôt que les seuls horaires prévus.
Bien que cela n’impose pas un retour aux pointeuses traditionnelles, cela exige un enregistrement transparent des heures réellement consacrées au travail afin de combler l’écart entre les horaires officiels et la réalité quotidienne.
(at)
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