En Belgique, 1 cycliste sur 10 consulte ses messages en roulant ; chez les utilisateurs de trottinettes électriques, ce chiffre est de 1 sur 5


Principaux renseignements

  • La distraction numérique met autant en danger les cyclistes et les utilisateurs de trottinettes électriques que les automobilistes.
  • La faiblesse des contrôles policiers ne parvient pas à dissuader les comportements à risque liés à l’utilisation du téléphone.

Une étude récente menée par l’Institut Vias et Baloise révèle que la distraction numérique constitue une menace croissante pour les usagers vulnérables de la route, et pas seulement pour les automobilistes.

Alors que la police a lancé des opérations ciblées pour sanctionner l’utilisation du téléphone au volant, cette étude met en évidence une tendance dangereuse chez les cyclistes et les utilisateurs de trottinettes électriques. Malgré les interdictions légales, un nombre important de ces usagers admettent utiliser leurs appareils pendant leurs déplacements.

« Illusion de contrôle »

Les données suggèrent un décalage inquiétant entre la prise de conscience et les actes. Bien que 80 pour cent des participants reconnaissent que l’utilisation d’un téléphone en roulant est dangereuse, beaucoup souffrent d’une « illusion de contrôle ». Par exemple, un cycliste sur cinq estime pouvoir répondre à un appel en toute sécurité tout en roulant.

Cette confiance excessive conduit à des comportements à risque ; environ 10 pour cent des cyclistes et 20 pour cent des utilisateurs de trottinettes électriques admettent lire des messages pendant qu’ils se déplacent, et un pourcentage similaire dans les deux groupes prend des photos, ne gardant qu’une seule main sur le guidon.

Types de distraction et leurs conséquences

Cette distraction se manifeste de trois façons qui se recoupent : visuelle, lorsque le regard quitte la route ; cognitive, lorsque l’esprit se concentre sur l’appareil plutôt que sur l’environnement ; et physique, lorsque l’absence d’une deuxième main nuit au freinage et à l’équilibre.

Les conséquences concrètes sont évidentes, puisque 10 pour cent des utilisateurs de trottinettes électriques et 3,5 pour cent des cyclistes déclarent avoir été impliqués dans un accident lié à l’utilisation d’un téléphone au cours de l’année écoulée. De plus, l’étude a révélé que la distraction entraîne des infractions au code de la route, telles que le non-respect des feux rouges ou la circulation à contresens.

Motivations liées à l’âge pour l’utilisation du téléphone

Les motivations de ce comportement varient considérablement selon l’âge. Les jeunes usagers (18-24 ans) utilisent principalement leur téléphone pour des raisons pratiques, comme écouter de la musique ou se repérer, ou pour lutter contre l’ennui.

À l’inverse, les personnes plus âgées utilisent davantage leur appareil comme un « bureau mobile » ou un filet de sécurité en cas d’urgence familiale. Pour les plus de 45 ans, la principale motivation est le besoin de rester joignable en cas d’urgence.

Lacunes dans l’application de la loi 

Malgré les risques, il existe une lacune dans l’application de la loi. Alors que près des trois quarts des cyclistes pensent qu’ils sont susceptibles d’être interpellés par la police, seuls 2 pour cent ont effectivement reçu une amende l’année dernière.

Les experts soulignent que la sanction légale reste lourde (202 euros) et que le risque physique pour l’usager est bien plus élevé que celui d’un automobiliste. En fin de compte, cette étude sert d’avertissement : le besoin compulsif d’être constamment connecté peut conduire à des tragédies évitables, et elle exhorte tous les usagers de la route à privilégier l’attention plutôt que la connectivité.

(at)

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