La France et l’Allemagne n’ont pas besoin de puiser dans de nouvelles réserves pour tenir la promesse faite à Trump concernant le diesel


Principaux renseignements

  • La France et l’Allemagne s’appuieront sur les engagements pris en mars pour se conformer aux exigences de Trump en matière de diesel.
  • Les menaces américaines d’interdiction d’exportation ont poussé l’Europe à mettre en œuvre cette libération accélérée.
  • Les États membres de l’UE sont divisés sur la question de savoir si le recours aux réserves entraîne des vulnérabilités dangereuses pour l’avenir.

Des sources diplomatiques ont indiqué à POLITICO que l’Allemagne et la France souhaitent honorer leur récent engagement pris auprès du président Donald Trump de libérer des réserves de diesel. Pour ce faire, elles auront recours aux réserves déjà promises en mars.

Cette précision suggère que l’engagement européen pourrait être moins important qu’on ne le pensait initialement, car on ignore encore si du carburant supplémentaire sera mis sur le marché en plus de l’accord conclu précédemment au sein du G7.

Pression du gouvernement Trump

La pression actuelle visant à libérer une quantité « considérable » de diesel dans un délai de trois semaines fait suite aux avertissements du gouvernement Trump concernant d’éventuelles interdictions d’exportation de ce carburant si l’Europe ne libérait pas ses stocks.

Lors d’une réunion à huis clos avec des représentants de l’UE dans le domaine de l’énergie, il est toutefois apparu que ces mises sur le marché s’inscrivent dans le cadre d’un engagement plus large portant sur 100 millions de barils, coordonné par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à la suite du conflit en Iran.

Utilisation des quotas existants

Bien que les volumes spécifiques par pays ne soient pas totalement transparents, les deux pays puisent dans leurs quotas pour le mois de mars. L’Allemagne, par exemple, n’a utilisé que 600 000 tonnes sur les 2,65 millions de tonnes de produits raffinés promises, invoquant la faible demande du marché pour justifier ce retard.

Dans le même temps, des responsables français ont indiqué à huis clos qu’environ 8 millions de barils, sur leur engagement initial de 14,6 millions de barils, sont encore disponibles pour cet effort actuel.

Frictions diplomatiques

Les tensions se sont accrues alors que le gouvernement américain critique les pays européens pour ne pas respecter leurs engagements initiaux. Bien que certains responsables de l’UE estiment que ce dernier engagement implique une nouvelle augmentation de l’approvisionnement en pétrole, le ministère allemand de l’Économie et le ministère de l’Énergie ont déclaré qu’aucun baril supplémentaire ne serait ajouté. Selon ces ministères, il s’agit uniquement de respecter l’engagement pris en mars.

La France a laissé entendre qu’elle pourrait fournir 2 millions de barils de diesel supplémentaires, mais ne s’est pas encore officiellement engagée à cette augmentation.

Préoccupations internes au sein de l’UE

Cette situation a donné lieu à des tensions entre les États membres de l’UE, les pays d’Europe de l’Est, comme la Bulgarie, craignant que le recours aux réserves pour faire baisser les prix actuels ne les rende vulnérables en cas de future crise d’approvisionnement.

Alors que ces différends persistent, l’AIE prévoit d’organiser une réunion d’urgence afin de coordonner la mise en œuvre de ces déblocages de réserves énergétiques. (lv)

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