Principaux renseignements
- Près de la moitié de la population britannique est favorable à un retour dans l’UE.
- Le Parti travailliste pourrait remporter un nombre important de voix en se prononçant en faveur de ce retour.
- Des divisions persistent au sein du gouvernement quant à une éventuelle réaction négative des électeurs et aux coûts financiers.
Une étude approfondie menée par le Messina Group révèle que près de la moitié de la population britannique est favorable à un retour dans l’Union européenne. Ce revirement de l’opinion publique pourrait faire grimper le soutien électoral en faveur du Parti travailliste de pas moins de sept points de pourcentage. Les données indiquent que si le Premier ministre plaidait en faveur d’une réadhésion par le biais d’un nouveau référendum, le parti pourrait enregistrer une hausse considérable du nombre de voix, notamment parmi les partisans des Libéraux-démocrates et du Parti vert.
Frictions au sein du gouvernement
Ces conclusions sont encourageantes pour les partisans, au sein de Downing Street, d’une renégociation du statut du Royaume-Uni. Cette initiative a toutefois suscité des tensions au sein du gouvernement. Le Premier ministre britannique Andy Burnham a récemment indiqué, lors de son premier discours en tant que chef de file du Parti travailliste au congrès du parti, qu’il était prêt à examiner toutes les options, y compris une adhésion à part entière. Plusieurs hauts responsables restent toutefois réticents. Des ministres, tels que le ministre de l’Intérieur et le ministre du Commerce, ont fait part de leurs inquiétudes concernant les coûts financiers, l’incertitude pour les entreprises et la complexité du processus.
Tensions internes au sein du gouvernement
Les tensions internes sont encore amplifiées par le fait qu’une majorité des membres du gouvernement représentent des circonscriptions qui avaient initialement voté pour le Brexit. Ces élus craignent que le fait de revenir sur la question ne leur aliène leurs électeurs et ne donne un élan politique à Nigel Farage et au Parti de la Réforme. Malgré ces inquiétudes, certains ministres reconnaissent en privé que les promesses du Brexit n’ont pas été tenues et qu’une relation plus étroite avec l’Europe est essentielle pour résoudre les problèmes nationaux actuels.
Opinion publique
Les données des sondages indiquent une large préférence pour une intégration plus étroite plutôt que pour une divergence accrue. Près de 49 pour cent des personnes interrogées se sont prononcées en faveur d’un retour dans l’Union, tandis que seulement 27,9 pour cent souhaitaient s’éloigner davantage de l’UE. Parmi les autres alternatives populaires figuraient la mise en place d’une union douanière ou la suppression des barrières commerciales. En outre, une majorité des participants estime que le Royaume-Uni a eu tort de quitter l’UE, plus de la moitié qualifiant ce processus d’échec.
L’avenir
Sur le plan stratégique, le gouvernement entend axer le débat sur l’échec des promesses antérieures liées au Brexit plutôt que de critiquer le vote initial. Malgré cela, la voie à suivre reste controversée, les électeurs étant divisés sur la question de savoir si la réintégration doit être décidée par un nouveau référendum, par un mandat issu d’élections législatives ou par un vote parlementaire. Les analystes suggèrent que, bien que les risques soient réels, une position courageuse vis-à-vis de l’Europe pourrait unifier la gauche et attirer un éventail plus large d’électeurs indécis. (ev)
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