Le Royaume-Uni négocie avec l’UE la libération de ses réserves de diesel sous la pression des États-Unis


Principaux renseignements

  • Le Royaume-Uni négocie avec l’UE la constitution de réserves d’urgence de diesel afin de parer à d’éventuelles interdictions d’exportation américaines.
  • Donald Trump utilise les exportations de carburant pour faire baisser les prix intérieurs avant les élections de mi-mandat.
  • Une capacité de raffinage limitée expose le Royaume-Uni à des coûts énergétiques record.

Le Royaume-Uni négocie actuellement avec ses partenaires européens concernant le déploiement de réserves d’urgence de diesel.

Réunion

Cette urgence fait suite aux avertissements de Donald Trump selon lesquels les États-Unis pourraient suspendre leurs exportations de carburant vers la région.

Lors d’une série de discussions tenues jeudi, les responsables britanniques se sont entretenus avec des représentants de l’Irlande, de l’Italie, de la France, de l’Allemagne et de la Commission européenne afin de déterminer la faisabilité de l’utilisation de ces stocks.

Pressions américaines

Ces tensions diplomatiques se sont intensifiées alors que l’administration Trump fait pression sur la France et l’Allemagne pour qu’elles libèrent leurs réserves de carburant afin de stabiliser la hausse des coûts énergétiques mondiaux. Tout refus de se conformer à cette demande pourrait entraîner une interdiction d’exportation imposée par les États-Unis, une mesure que Trump envisage comme une stratégie visant à réduire les coûts du carburant aux États-Unis avant les élections de mi-mandat de novembre.

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a réaffirmé cette position sur les réseaux sociaux, appelant les pays européens à augmenter immédiatement la disponibilité des approvisionnements en carburant.

Risque de hausse des prix

Bien que l’Europe produise environ 70 pour cent de ses propres besoins en diesel, les analystes préviennent qu’un recours soudain au marché mondial pourrait déclencher une flambée des prix.

Le Royaume-Uni est particulièrement vulnérable en raison de sa capacité de raffinage limitée et de sa forte dépendance vis-à-vis des importations américaines, qui représentaient environ un tiers de ses importations de diesel l’année dernière. Cette vulnérabilité se traduit déjà par des prix à la pompe record, le RAC ayant signalé mercredi dernier un niveau historique de 199,72 pence le litre.

Manœuvres diplomatiques

Face à ces coûts « extrêmes », le chancelier John Healey a confirmé que le gouvernement britannique tentait de négocier avec Washington pour éviter une interdiction d’exportation. Parallèlement, la Commission européenne a prévu des réunions d’urgence avec les États membres et l’Agence internationale de l’énergie afin d’élaborer une stratégie commune.

Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a publiquement appelé à cette libération coordonnée, arguant qu’il est essentiel d’augmenter l’offre sur le marché avant le début de la saison de chauffage hivernale et des récoltes agricoles. (fc)

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