Les pays de l’UE discutent d’une réponse commune à la demande américaine de libération des réserves de carburant


Principaux renseignements

  • Les États-Unis exigent que les pays européens libèrent leurs réserves stratégiques de carburant et de gazole, comme ils s’y étaient engagés.
  • Les responsables américains ont menacé d’interdire les exportations de diesel pour faire pression sur les alliés réticents.
  • Les dirigeants européens restent divisés sur la question de savoir si ces déblocages stabilisent ou déstabilisent le marché.

Les dirigeants européens mènent actuellement des délibérations urgentes afin de déterminer leur réponse aux demandes américaines de plus en plus pressantes concernant la libération des réserves stratégiques de carburant. La Commission européenne est en train de mettre au point une stratégie commune après que Washington a contacté divers États membres. Plus précisément, le commissaire à l’Énergie, Dan Jørgensen, a engagé des discussions avec des représentants de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, de l’Irlande et du Royaume-Uni.

La frustration grandissante de Washington

Alors que les États-Unis ont déjà tenu leur engagement en autorisant la mise à disposition de 40 millions de barils supplémentaires provenant de leur réserve stratégique de pétrole, l’Europe s’est montrée bien plus prudente. Cet écart a conduit le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, à critiquer publiquement les pays européens, soulignant que beaucoup n’avaient fourni qu’une petite partie du pétrole promis et les exhortant à honorer leurs obligations.

Les tensions se sont intensifiées à la suite d’informations selon lesquelles les États-Unis auraient averti la France et l’Allemagne d’une éventuelle interdiction des exportations de diesel si elles ne libéraient pas leurs stocks. Cette pression coïncide avec une flambée des prix du diesel à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis. Bien que le président Trump ait exprimé des réticences quant à une interdiction totale des exportations en raison du risque de faire grimper encore davantage les prix, cette menace reste un sujet de discorde.

Un front européen divisé

Au sein de l’Europe, les avis sur la libération des réserves sont partagés. L’Allemagne, principal contributeur de la région, a indiqué qu’elle n’avait pas l’intention de libérer les 15 millions de barils restants sur lesquels elle s’était engagée, arguant qu’une telle mesure pourrait encourager la spéculation sur les marchés plutôt que de favoriser leur stabilité.

De même, l’Espagne n’a utilisé qu’environ un tiers de son engagement, tandis que la France conserve l’intégralité de ses stocks. Le Royaume-Uni a fait savoir qu’il disposait de réserves importantes si le marché en avait besoin.

L’accord de l’AIE

Le contexte plus large de ce différend trouve son origine dans un accord conclu en mars entre 30 pays de l’OCDE visant à mettre sur le marché 400 millions de barils par l’intermédiaire de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), à la suite de graves perturbations de l’approvisionnement causées par les actions militaires américaines contre l’Iran. Le directeur de l’AIE, Fatih Birol, a confirmé qu’environ un tiers de ce total n’avait toujours pas été mis sur le marché.

Les données révèlent un contraste marqué entre les niveaux de stocks. Alors que les stocks américains de diesel et de gazole ont chuté de 27 pour cent entre février et juillet, les cinq plus grandes économies européennes n’ont enregistré que des baisses ne dépassant pas 7 pour cent.

Solutions alternatives

Au-delà des tensions diplomatiques, la hausse des prix du diesel est source d’instabilité économique. La Banque d’Angleterre et la Banque centrale européenne ont toutes deux identifié les coûts élevés de l’énergie et les marges de raffinage comme des facteurs importants d’inflation. En réponse, certains dirigeants européens explorent des alternatives à la mise en circulation des réserves, comme la suggestion du président Macron d’assouplir les réglementations sur la qualité des carburants afin d’augmenter l’offre globale sur le marché.

Parallèlement, l’UE continue de mettre en garde contre le fait que toute restriction commerciale imposée par les États-Unis sur le diesel pourrait exacerber les tensions existantes sur le marché. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus